Revint des limbes de ce passé militant où, étudiants, nous consacrions une partie de nos loisirs à tracter, subir avec joie la réunionite aiguë, battre le pavé asphalté, répliquer aux tentatives d’intimidation et écrire une petite feuille de chou locale… Plutôt que de nous situer au plan moral, et de répéter un discours mille fois entendu et convenu, très politiquement correct (style : « ce n’est pas bien d’être raciste… ») à l’efficacité douteuse (peut-on rendre tolérant un citoyen raciste ?), on mena le combat au niveau des idées politiques, démontrant que l’idéologie fasciste de la préférence nationale aggraverait les maux tels que le chômage, la précarité, la formation de zones de non-droit, l’insécurité et la reproduction sociale, etc. Bref, qu’à cette fausse bonne solution frontiste qui respecte l’ordre établi et son ultra-libéralisme, nous opposions la préférence sociale, une certaine idée de la justice sociale...

Notre petit Gramsci en tête, on dénonçait déjà cette lepénisation de la société, ces lois votées, à droite et à gauche imprégnées de l’idéologie lepéniste. On pressentait que tous ces mauvais ingrédients associés à la désespérance sociale se transformeraient en une mayonnaise indigeste : légitimation du discours de l’extrême droite puis banalisation de Le Pen et de son parti… Bref, on sentait que s'il remportait la bataille des idées, tout pouvait arriver… comme ce 21 avril 2002…

Alors, avant de trouver le repos, nous feuilletâmes quelques numéros de notre feuille de chou locale, intitulée «STOP F’haiNe» qui nous permettait alors d'exposer nos vues avec sérieux ou/et humour…