1 : la suppression de la durée légale du travail...

Fillon propose aux partenaires sociaux de négocier la durée du travail dans chaque entreprise. Si cette mesure se matérialise, cela signifie à terme la fin de la durée légale du travail. Aujourd'hui, il s'agit clairement pour la droite de supprimer les 35 heures puis la durée légale du travail sur l'ensemble du territoire.

Que cette proposition vienne après le résultat du vote dans l'entreprise Continental n'est pas anodin. Ce vote ne fut ni libre ni démocratique puisque Continental menaçait de délocaliser le site, si le résultat ne correspondait à ses attentes. Comment s'étonner que plus de 70 % des salariés aient voté la fin des 35 heures ? C'était ça ou bientôt pointer à l'ANPE...

Bizarrement, les médias qui étaient si soucieux de démocratie durant les grèves étudiantes ne se sont pas interrogés sur ce vote...C'est vrai, ce n'était pas un vote à main levée mais la menace du chômage faite par l'employeur n'ôtait-elle pas toute liberté de vote aux salariés ?

2 : puis du droit du travail.

Négocier la durée du travail dans chaque entreprise aura également des répercussions sur le niveau de déclenchement des heures supplémentaires, de leur majoration... C'est la porte ouverte à une épidémie de dérèglementations qui aboutira à la fin du droit du travail et qui instaurera sur le territoire le dumping social... Pendant qu'on y sera, pourquoi ne pas négocier les salaires, même les plus bas au niveau de chaque entreprise, et supprimer ainsi le SMIC ?

En mettant en avant les négociations au détriment de la loi, Fillon espère passer pour un pragmatique qui souhaite que patrons et salariés règlent eux-mêmes leurs problèmes, comme si les uns et les autres étaient égaux. Or, cette égalité est une mascarade, surtout en ces temps de délocalisations et de précarité sociale : l'exemple de Continental le prouve.

Bref, Fillon n'est pas un pragmatique mais un idéologue qui récite son catéchisme néo-libéral. Notons au passage, que travailler plus ne signifiera pas gagner plus puisqu'il faudra travailler beaucoup plus pour prétendre faire des heures supplémentaires un peu mieux rémunérées...

Avec cette droite menée par le tandem Sarkozy-Fillon, la France semble aller à rebours. Laurence Parisot et ses amis du MEDEF peuvent même rêver d'une nouvelle loi Le Chapelier : on y est presque.