gris_oakland.jpg

A Oaklands, la misère, la violence, l'injustice, et le racisme sévissent.

«Saloperies de baraques. Et sais-tu qui les a achetées ? Toi et moi et ta mère et même ton père. Ces gens-là gagnent de l'argent comme ceci : ils nous paient moins que ce que nous valons, gardent la différence, et nous, on n'y peut rien.»

T-Bird, le narrateur, est un jeune blanc, qui vit chez sa mère, alcoolique et violente, en compagnie d'une bande de Hells Angels. Tous les jours, à la sortie de l'école, il doit échapper en courant et en rusant à une bande de camarades mexicains, en retard scolaire et donc beaucoup plus âgés que lui, pour échapper à un combat inégal...

«Ils te disent d'aller à l'église, de croire en Dieu et toutes ces conneries, mais Dieu ne t'aide pas au cours de ta vie, et ces salopards de riches le savent; ils savent que les crétins croient que c'est bien d'être pauvres parce qu'ils iront au ciel et donc que c'est bon de souffrir au cours de sa vie. Mais Dieu est un millionnaire et les pauvres, il s'en fout comme d'un pet de rat. C'est les pauvres qui l'ont inventé, ce connard, et les riches qui l'ont racheté !»

Gris-Oakland conte l'évolution de ce jeune jusqu'à l'âge adulte, son dur apprentissage de la vie, notamment quand sa mère l'abandonne à son père tout juste sorti de prison, mais aussi ses découvertes, d'autres cultures, les clubs de jazz, le mythe de Jack London, les femmes, les boulots ingrats au noir et la gunite.

«Rêver, c'est pour les gens qui ont une poire pour la soif, quelque chose sur quoi retomber. Si on veut courir après des rêves, il vaut mieux avoir un portefeuille boursier et derrière soi une famille pleine aux as pour vous rattraper quand on se ramasse sur le cul. Il faut avoir une masse de doublons si on veut passer sa vie à se marrer et à déconner. En attendant, nous autres, il faut qu'on bosse.»

Eric Miles Williamson a écrit un récit passionnant à l'encre noir, réaliste et sans concession, qui ne tombe jamais dans le pathos, le misérabilisme ou le voyeurisme. A lire...