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Le 12 mars 2013, le Parlement européen a adopté le « two-pack » qui renforce la logique austéritaire et technocratique du Pacte budgétaire. Ce qui signifie que les pays membres de l'UE perdent leur souveraineté budgétaire. Il s'agit d'une nouvelle forme de gouvernance qui s'apparente à l'Occupation desdits pays par une puissance étrangère, en l'occurrence la sinistre Troïka néolibérale qui agit déjà en toute impunité en Grèce... Oui oui nous exagérons, un peu !

Notez que même le « journaliste » europhile de longue date, Jean Quatremer, semble dénoncer sur son blog ce renforcement de « l'étau de la rigueur budgétaire » et de « la tutelle technocratique » qui, selon lui :

« abouti à priver les démocraties nationales de tout pouvoir sur les politiques décidées par la Commission et les gouvernements à Bruxelles. »

Pour connaitre plus précisément ce « two-pack », on ne saurait trop vous conseiller de lire le billet de Jean-Luc Mélenchon. Voici, ses conclusions pour le premier volet :

« Il donne à la Commission européenne, organe non élu, le pouvoir de placer tout Etat membre de la zone euro sous le coup de plans d'austérité et de missions de surveillance dont elle seule décidera. Le Conseil ne pourra abroger ces décisions que s'il le décide sous 10 jours à la majorité qualifiée prévue. Le texte fixe aussi les contours des plans d'ajustement à venir. Ils devront en outre promouvoir la libre concurrence notamment dans le domaine des marchés publics. Pour combler le tout ce texte s'appliquerait aux États d'ores et déjà sous le coup d'une "assistance financière" et modifie donc les conditions auxquelles ces États pourront se libérer de la tutelle de la troïka. Quant à la "protection juridique" mise en avant, elle ne serait effective qu'à partir de 2017 et consacrerait le remboursement des intérêts de la dette des États sans condition de légitimité. (…) »

Et pour le second :

« Cette version (...) accroît encore la mainmise de la Commission européenne sur les budgets nationaux. Désormais non seulement la Commission pourra réviser les budgets mais elle le fera en un temps record (deux semaines) et obligera les parlements nationaux à s'y conformer eux aussi en un temps contraint (trois semaines). L'avis que la Commission rendra ensuite sur le budget révisé dans les trois semaines vaudra sanction si le budget n'est pas conforme à ses attentes. Voilà la conception que les institutions européennes ont de la démocratie! Quant à la prudence en matière de publication des informations sur les plans d'émission des dettes des Etats préconisée en première lecture, elle n'est plus de mise. On met donc directement les Etats à la merci des spéculateurs ! La politique de croissance et d'emploi, est pour sa part une fois de plus réduite à sa plus faible expression: le "Pacte pour la croissance et l'emploi" et le plan de relance bidon censé l'accompagner et dont nul n'a vu la couler. (…) »

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Comme l'écrit justement BA dans Jour historique, publié dans les Chroniques du Yéti:

« Mardi 12 mars 2013 : mort officielle de la démocratie en Europe (…) naissance officielle de l'oligarchie en Europe. »

Bien entendu, les médias dominants ont fait le job en reléguant cette information capitale, comme le remarque justement Leunamme :

« Désormais le libéralisme devient la règle d'airain, la seule possible dans cette Europe là. On ne vous en a pas parlé ? Comme c'est dommage ! Mais bon, il faut dire qu'il neige en hiver et qu'il y a un pape à remplacer ! »

Précisons qu'à gauche, seule la Gauche européenne s'est opposée au « two-pack ».

En effet, une fois de plus, PS et EELV ont capitulé en rase campagne face à la droite néolibérale, en échange de quelques vagues promesses sur la solidarité... et probablement sur l'Europe sociale ! Une capitulation que les socialistes‎ présentent comme une grande victoire :

« Nous nous sommes battus sur de nombreux points, qui constituent autant de victoires pour les socialistes européens (...) Dans l’ensemble, la transparence et la démocratie sont renforcées. »

Quel cynisme !

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