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Des images qui ont dû paraître surprenantes pour les sympathisants et les militants socialistes qui avaient encore en mémoire les propos hautement visionnaires prononcés, à Oslo en décembre dernier, par leur héros, le grand président Hollande :

« La crise de la zone euro, je l'ai déjà dit, elle est derrière nous. »

No comment !

Par le truchement du pacte budgétaire, en particulier du MES, lesquels furent votés par la droite et la social-démocratie, le gouvernement chypriote a obtenu un plan d'aide de 10 milliards d’euros.

Evidemment en langage néolibéral, "plan d'aide" signifie exactement le contraire du sens commun. L'Europe a imposé une taxe exceptionnelle sur les dépôts bancaires de 6,75% pour les montants inférieurs à 100 000 euros, et 9,9% au delà !

En d'autres termes, l'UE va sauver Chypre ce qui signifie dans la novlangue néolibérale qu'elle va exclusivement sauver les banques, sans leur demander une seule contrepartie et sans leur imposer un cadre réglementaire strict pour régir leurs activités. Le message aux banquiers est le suivant : continuez de spéculer, de créer des produits pourris, et en cas de défaillance, nous taxerons encore les économies du populo pour sauver votre peau ! La révision de ladite taxation n'y changera rien.

Aujourd'hui, les Chypriotes doivent regretter de s'être faits berner ! D'autant plus que l'UE a imposé au gouvernement chypriote une vague de privatisations qui ira enrichir lesdites banques et tous les spéculateurs dont les titres et les actions ne sont pas impactés par la taxation précitée !

Il ressort de cet épisode que le monde de la finance est doublement gagnant. Les grands perdants sont le peuple et la démocratie.

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En effet, les rappels à TINA sous la forme de discours alarmistes et catastrophistes aboutissent encore à faire élire les laquais de l'oligarchie. Résultat, les peuples paient très cher le prix de leur obéissance. A Chypre, l'oligarchie et les médias dominants ont mis tout leur poids pour faire battre le candidat communiste en poste qui refusait les diktats de la troïka. Sapir évoque un risque de contagion après ce racket.

Avec ce pas de plus dans l'aveuglement néolibéral, c'est tout le système bancaire qui est ébranlé. Qui peut affirmer désormais que vous et moi n'allons pas être taxés sur nos modestes économies, en plus de payer des impôts indirects à un niveau insoutenable, de voir nos droits sociaux élémentaires remis en cause (droit du travail, droit à la retraite, droit aux soins, droit à l'éducation) et de subir le dumping social et écologique ?

La confiance dans le système est de moins en moins partagée.

L'Europe est malade de l'UE néolibérale.

L'UE, ce n'est pas la paix mais la guerre économique et sociale sciemment organisée pour imposer la régression sociale généralisée et l'enrichissement d'une caste d'oligarques. Avec la bienveillance de gouvernements qui ont renoncé à gouverner pour le bien être de leurs peuples.

Aujourd'hui, l'Union Européenne avec la BCE et le FMI ressemble un peu à l'Argentine accouplée au FMI et à la banque mondiale des années 90 !

On connait la suite...

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Vivement demain !