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L'erreur consisterait à se focaliser sur un énième errement de la sarkozie au pouvoir parce que ladite Lagarde est aujourd'hui protégée par l'actuel locataire de l’Élysée. Le président Hollande l'a publiquement soutenu et encensé avant qu'elle soit convoquée par la justice dans la non moins ténébreuse affaire Tapie.

A titre liminaire, rappelons que si la Société Générale (SG) s'était contentée de rester une modeste banque traditionnelle en accordant des prêts aux particuliers et en soutenant les investissements de l'économie réelle, elle aurait été peu impactée par la crise des subprimes.

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Mais, depuis la déréglementation de la finance, merci Bérégovoy, cette banque pratique à haute échelle la spéculation financière internationale. En d'autres termes, la SG est un acteur important de l'économie financière en participant au phénomène des bulles spéculatives. Ces dernières reposent uniquement sur la confiance des acteurs et la croyance en de pantagruéliques profits.

Cette économie financiarisée n'est pas entièrement virtuelle parce qu'elle dirige aujourd'hui l'économie réelle en imposant aux entreprises des taux de rentabilité à deux chiffres, chose impensable autrefois dans l'industrie. Celles-ci utilisent leur capital humain comme variable d'ajustement en réduisant leurs coûts en personnels pour dégager du cash, gaver leurs actionnaires et séduire les marchés financiers grâce aux licenciements boursiers (ces derniers devaient être interdits avait promis le candidat Hollande) . Pour mémoire, des entreprises comme Alcatel allèrent jusqu'au bout de cette logique suicidaire en appliquant le concept d'entreprise sans usine, à base de fermetures d'usines, de plans de licenciements, et bien entendu de salaires de nababs, de parachutes en or et de retraites dorées pour les dirigeants ! Un capitalisme financier qui transforme les dirigeants d'entreprise en spéculateurs obnubilés, dès lors, par le court terme, ce qui est une aberration pour la pérennité d'une entreprise.

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Lors de la crise des des subprimes, la bulle spéculative a éclaté et les profits virtuels se sont évaporés des écrans des PC des traders de la SG, laissant aux banques, dont la Société Générale, d'importantes pertes sèches (2 milliards d’euros). La SG s'est adressée à la ministre Lagarde en prétextant qu'un de ses agents lui avait fait perdre frauduleusement près de 4,9 milliards d'euros. Et, Dame lagarde a rapidement mis en application une disposition légale qui impose à l’État de garantir le versement d'un montant égal à 33% des pertes des institutions bancaires victimes de fraude.

En l'espèce, Madame la ministre s'exécuta avant même que la justice ne confirme la thèse de la SG pour sauver ladite banque et le système : l'ex-avocate n'a pas respecté la procédure légale ! 1,7 milliards d'euros d'argent public renflouèrent illico presto les coffres de la SG. Comme par hasard, cet argent public a permis d'effacer plus des trois-quart des fonds perdus (2 millards d'euros) dans la crise des subprimes ! De l'argent perdu, mais pas pour tout le monde puisque le PDG de la SG spéculait pour son propre compte personnel en pleine crise : Société Générale : une nouvelle affaire Bouton.

Finalement, la Justice a condamné Kerviel à payer la somme 4,9 milliards d'euros de dommages et intérêts en s'appuyant exclusivement - savoureux détail - sur l'expertise de la Société Générale ! Pour mesurer l'impartialité de cette décision, c'est comme si un juge devait mesurer la dangerosité du Médiator en se fondant exclusivement sur l'expertise des laboratoires Servier ! Toutefois, cette décision qui conforte Lagarde pourrait être remise en question si le juge des Prud'hommes exige une expertise indépendante qui pourrait -tout de même - mettre en lumière les manquements de tout l'encadrement de la SG jusqu'à son PDG d'alors... et en tirer les conséquences !

L'affaire Kerviel démontre que Christine Lagarde est un membre de l'oligarchie qui défend systématiquement les intérêts de sa classe sociale et du système, de l'affaire Tapie à Kerviel en passant par Molex.

Un système qui repose sur le capitalisme dérégulé et les institutions de la Cinquième République, et qui se révèle impitoyable avec des lampistes comme Jérôme Kerviel ou Rémy Garnier.

Un système qui fait preuve aussi d'une très grande mansuétude avec les membres de l'oligarchie, même ceux qui atteignent rapidement leur niveau d'incompétence comme Christine Lagarde qui ne voyait que des problèmes de tuyauterie au début de la crise des subprimes... Cette même Christine Lagarde qui dirige aujourd'hui le FMI, celui-là même qui a reconnu que ses plans d'ajustement structurels pour la Grèce reposaient sur des analyses faussées...

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