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. Bien que les institutions de l'UE ne soient pas vraiment démocratiques :

Certes, le Parlement pèse peu, ce qui ne signifie pas pour autant qu'il n'a aucun pouvoir. A ce sujet, j'ai lu beaucoup d'âneries chez des amis abstentionnistes qui deux ans plus tôt appelaient à voter pour les législatives.

En effet, le parlement français (Assemblée nationale et Sénat) n'a guère plus de pouvoirs que le parlement européen. Je serais même tenté d’affirmer qu'il en a moins puisque près de 70 % des lois transposent des textes qui sont passés par le parlement européen. Le texte sur les travailleurs détachés voté à Strasbourg par le PS et la droite, et sur lequel le FN s'est abstenu, ou celui sur la privatisation des services publics, ne peuvent être qualifiés de marginaux et d'anecdotiques.

Par conséquent, l'argument abstentionniste du parlement fantoche tombe de lui même (cf. L'illusion abstentionniste (1/2) et L'abstention est un abandon (2/2)).

. Malgré le fait que le programme de la gauche européenne ne soit pas suffisamment radical .

Je ne pense pas que des institutions qui ont été pensées depuis le traité de Rome (cf. Pierre Mendès-France) pour le capital et contre les travailleurs puissent devenir démocratiques et progressistes grâce à quelque réforme miraculeuse.

Par contre, j'estime que si un gouvernement issu d'une des organisations membres de la Gauche Européenne arrive au pouvoir, cela fera l'effet d'un tremblement de terre, à la seule condition qu'il désobéisse aux dogmes néolibéraux des traités européens. A mon avis, l'UE ne s'en remettra pas. En d'autres termes, je ne crois pas au programme clé en mains, mais plutôt à la victoire d'une véritable force de gauche dans un pays membre qui improvisera face à l'adversité du Capital en se basant sur ses convictions idéologiques, son programme politique, sur les événements et surtout sur le soutien de son peuple et sur la solidarité des autres peuples..

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La belle façade unanimiste des gouvernements de droite et sociaux-démocrates des pays membres de l'UE s'effondrera. Et à partir de moment-là, les peuples européens se saisiront de la question pour créer une autre Europe, sous une autre forme, celle de la coopération et du progrès social et écologique.

Hollande et Merkel sont tellement conscients de ce danger qu'ils n'ont pas hésité à intervenir pour barrer la route à SYRIZA en 2012. L'oligarchie en est tellement consciente, qu'à travers les médias dominants qu'elle possède ou finance, elle tente par tous les moyens de déconsidérer le Front de gauche, tentant de le diaboliser, le rangeant aux côtés des extrêmes et des populistes, quitte à truquer sciemment les images !

. Je voterai Front de gauche pour le rassemblement des forces de la gauche qui n'est pas soumise à l'idéologie dominante.

Le Front de gauche est jeune. Il demeure hélas un cartel d'organisations. Mais, le rassemblement de la gauche radicale est un combat à mener contre les réflexes boutiquiers et pour l'intérêt général. L'existence du FDG est un bien commun précieux pour renverser les tenants des politiques austéritaires. Nul doute que les événements et les circonstances peuvent lui permettre de changer de forme pour éviter les couacs des municipales. et gagner en crédibilité et devenir une force de gouvernement et de vrai changement d'orientation politique. Il est la condition sine qua non pour changer la donne puisque la droite et la social-démocratie défendent la même politique, TINA.

. je voterai Front de gauche parce que les européennes ne peuvent se réduite à une aventure individuelle et nationale.

J'ai beaucoup d'estime pour Caroline de Haas, Olivier Besancenot et Pierre Larrouturou, mais quel est l'intérêt de diviser encore plus le camp de ceux qui s'opposent à l'UE et l'austérité, alors qu'au vu de l'urgence, il faudrait s'inscrire dans une démarche de dialogue et de rassemblement ?

Bien entendu, les amis de ces trois-là trouveront toujours un argument, toujours la petite bête, le bon prétexte à la division. Mais pensent-ils vraiment changer les choses en restant entre eux ? Pensent-ils que grâce à quelque idée géniale, ils convaincront tous seuls la majorité des citoyen-ne-s ? Et s'ils ont des élus au parlement européen, dans quel groupe iront-ils et pour quel candidat à la présidence de la commission européenne voteront-ils ?

. Je voterai Front de gauche pour soutenir la candidature d'Alexis Tsipras.

Voter pour une liste qui soutient la candidature de Tsipras n'est pas un acte banal. C'est un geste de solidarité d'une plus grande portée qu'il n'y parait. Si une brèche peut être ouverte dans cette UE néolibérale, c'est en Grèce. Telle est en tout cas l'analyse de la gauche européenne. SYRIZA est aujourd'hui aux portes du pouvoir en Grèce. Point de tropisme grec, juste une analyse de la situation puisqu'ailleurs en Europe, les autres organisations de la gauche radicale en Europe ne sont pas plus puissantes que les partis de la social-démocratie.

Les élections européennes ne sont donc pas anodines. Voter Front de gauche, c'est la certitude de soutenir le porte-parole de SYRIZA et d'élire au parlement européen des élus radicalement opposés à l'austérité et au pillage des biens communs.

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