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« Je lui ai dit qu'il fallait rassembler les socialistes et, pour rassembler, il faut faire vraiment beaucoup d'effort de synthèse. »

Cette déclaration du sénateur du Loiret Jean-Pierre Sueur a le mérite de sonner la fin de l'état de grâce du vainqueur de la primaire socialiste en lui rappelant qu'il doit préalablement rassembler le parti socialiste avant de penser à "l'indispensable rassemblement de la gauche".

En effet, le PS est divisé entre les frondeurs, les vallsistes, ceux qui ont rejoint Macron et les autres qui sont tentés de les imiter, et d'autres encore qui se mettent en réserve.

Il est si fragilisé que Solférino a décidé de n'exclure que les élus qui parraineraient la candidature de l'ancien conseiller et ministre de l'économie de Hollande. La direction tolère que les adhérents, y compris les élus, soutiennent Macron... et ce faisant, elle se ménage un plan B en cas de succès de ce dernier.

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De surcroit, Hamon, le frondeur a du mal à faire le rassemblement au sein du PS. Il est considéré par la droite du parti comme un diviseur qui n'a cessé de critiquer la politique de Hollande même s'il fut son ministre, vota tous les budgets austéritaires du quinquennat et se garda de voter une motion de censure au gouvernement Valls.

Voilà pourquoi, il s'efforce de rassembler son parti. Il a promis de créer un conseil parlementaire - où logiquement la droite du parti sera majoritaire - pour l'épauler durant la campagne.

Il devra probablement donner d'autres gages d'ouverture à la droite du parti pour maintenir la cohésion du PS, en sus de sa volonté de ne pas pratiquer un inventaire du bilan du quinquennat de Hollande et de ne pas abroger le CICE et certaines dispositions de la loi Macron telles que l'extension du travail dominical et les nouvelles dérogations du travail de nuit.

Par conséquent, Hamon est condamné à défendre un programme de synthèse qui rend impossible tout rassemblement à gauche avant le premier tour.

Et, s'il parvenait par miracle à ce rassemblement, acté par un accord au sommet, qui peut croire qu'il réussirait à battre le candidat de la droite, puis à mettre en œuvre une politique de gauche qui rompe avec le quinquennat de Hollande, sur la base d'un programme de synthèse et d'une majorité de députés issue majoritairement des rangs de la droite du PS ?

Personne.

Même pas Hamon.

L'objectif du candidat socialiste se réduit à être devant le candidat de la France Insoumise au premier tour pour sauver le parti socialiste.

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