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Répression contre les syndicalistes. Répression contre les zadistes. Répression et coups de poings contre les manifestants. Répression contre les humanistes qui aident les migrants à ne pas mourir de faim et de froid. Et depuis quelques jours, répression contre la principale force d'opposition, la France Insoumise.

Si en 2007, Alain Badiou se demandait de quoi Sarkozy était-il le nom, en 2018 nul besoin de se questionner pour Macron.

Macron est le rêve de la haute bourgeoisie qui a repris les pleins pouvoirs pour étendre ses privilèges et cumuler plus de richesses, quitte à bâillonner les forces qui s'opposent à son funeste dessein.

Nous subissons un pouvoir politique ultra-libéral autoritaire qui s'applique à détruire méthodiquement, un à un, les conquis sociaux qui sont issus, pour la plupart, du conseil national de la Résistance.

Là où une Marine Le Pen, porte étendard historique de l'extrême droite revancharde, n'aurait pu mettre en œuvre ses réformes sans provoquer d'énormes manifestations et de fortes résistances, et une pluie de condamnations des instances internationales, le pouvoir macronien applique son programme avec le soutien des médias dominants dont le nombre et la diversité de formats donnent l'apparence du pluralisme et du débat contradictoire.

Loi contre les lanceurs d'alerte pour éviter que les magouilles des multinationales et de la finance soient révélées au grand jour, loi contre les fake news pour permettre à un juge de dire si telle ou telle information ou interprétation des faits doit être diffusée durant une campagne électorale, pérennisation du CICE pour donner des dizaines de milliards à des entreprises du CAC 40 qui pratiquent le dumping social, écologique et fiscal, casse de la SNCF et du statut de cheminot, précarisation générale du salariat, future réforme de la retraite à points pour détruire la retraite par répartition, interdiction de débattre à l'assemblée nationale sur le statut des personnes qui accompagnent les élèves handicapés pour les maintenir sous le seuil de la pauvreté...

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Cette liste non exhaustive semble démontrer que le macronisme est tout puissant et à de quoi décourager !

Et pourtant, la France Insoumise dérange Macron et ses alliés fidèles et de circonstance.

D'une part, en expliquant sans relâche avec pédagogie quelles sont les conséquences directes du macronisme pour nos vies et notre futur.

D'autre part, en présentant systématiquement face aux réformes macroniennes des contre-réformes issues de son programme, l'avenir en commun, qui démontrent qu'une autre voie est possible, humaniste, démocratique, écologique et sociale.

Enfin, en osant s'attaquer frontalement aux dogmes de l'union européenne et de la zone euro, avec un plan B pour sortir le pays du carcan néo-libéral, et présenter une sortie réaliste du nucléaire. De surcroît, elle a sa lecture d'un système médiatique qui est, rappelons-le, conjointement financé par l'Etat et une dizaine d'oligarques.

La France Insoumise dérange, non seulement, la macronie et les médias dominants, mais aussi les forces traditionnelles de gauche qui voient leurs parts du marché électoral se rétrécir comme peau de chagrin. Leurs réactions à la perquisition commandée par le Parquet et donc le pouvoir macronien, sont éloquentes.

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Oula, critiquer cette perquisition qui a mobilisé plus de policiers que la recherche contre l'ennemi public numéro 1, s'interroger sur le rôle du Parquet et se poser des questions quant à certaines entorses procédurales, attenteraient à la Justice. Critiquer l'unanimisme qui règne dans le système médiatique reviendrait donc à porter atteinte à la liberté de la presse et donc à la démocratie ! Sans blague ?

Populisme répètent en boucle les macroniens, les socialistes sur leur radeau de la méduse, les derniers PCF identitaires, les éditocrates interchangeables et les socialistes honteux de Génération.s ! Manier le vocable "populiste" pour ranger Mélenchon dans le même sac que Le Pen manque d'originalité. Les mêmes l'ont fait en 2012 quand les sondages mettaient le candidat du Front de gauche à plus de 15 % d'intentions de votes. Idem en 2017 quand lesdits sondages estimaient que le candidat de la France Insoumise avaient des chances d'être présent au second tour.

Idem encore quand Macron tente de créer un clivage factice entre les progressistes, c'est-à-dire selon lui, les forces politiques qui respectent les traités austéritaires de l'UE (tout en parlant d'une autre UE, bien-sûr plus sociale), et les populistes... comme s'il y avait des différences notables entre Macron et Orban et Salvini dans le traitement des migrants ou dans la répartition des richesses entre la France, la Hongrie et l'Italie. Et comme de bien entendu, les forces de gôche précitées s'engouffrent dans son sillage en espérant se refaire la cerise...

Populisme n'est pas seulement une formule politicienne, elle vise surtout à banaliser l'idéologie d'extrême droite, d'une part pour discréditer la France Insoumise, et d'autre part pour permettre à des Sarkozy, Hollande ou Macron de maltraiter les immigrés et les migrants.

L'attaque conjointe du pouvoir macronien et de ses alliés de circonstance ainsi que l'unanimisme des médias dominants qui relayent inlassablement la parole officielle, sont tellement disproportionnés qu'il pourrait bien se produire un électrochoc dans le pays, une sorte de prise de conscience collective susceptible de produire un effet boomerang. Tant et si bien qu'en croyant par tous les moyens fermer définitivement la porte à une autre politique, la macronie et ses alliés ouvrent un boulevard à la France Insoumise.

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