Plutôt que l'abstention, votons pour l'Union Populaire

un léger décalage...

Billet

Il est à craindre que beaucoup de personnes resteront chez elles le 9 juin prochain, considérant que le résultat de l'élection européenne n'aura aucune incidence positive sur leurs vies, ni sur la politique néo-libérale antidémocratique conduite à marche forcée par l'Union européenne. Il faudrait être de mauvaise foi pour affirmer le contraire.

Toutefois, cette élection est également nationale. Quand on se situe à gauche, à quelle force politique donner sa voix et si possible la première place ? La seconde partie de cette question est dénuée de sens car ce scrutin est historiquement marqué par l'abstention. La première force politique sera paradoxalement, une fois encore, le camp de l'abstention.

Il résulte de l'abstention massive aux européennes que le poids électoral du bloc bourgeois et du bloc petit-bourgeois se retrouve surreprésenté par rapport à celui des classes populaires.

Pour les deux premiers blocs cités, les électrices et les électeurs vivent dans une situation matérielle qui ne les pousse pas à s'interroger, voire à contester, l'ordre actuel qui découle du système de production et par là même des institutions, du rapport à la démocratie, à la répartition des richesses produites, aux conditions de travail, au logement, à l'écologie, à l'environnement et plus largement aux conditions de vie dans notre société.

Concrètement, pour eux, ça va, même si ça pourrait toujours aller mieux ! On a boulot, un logement, on a encore les moyens de partir en vacances, mettre les gosses dans une crèche ou une bonne école, aller à des spectacles et des expos, on peut également se faire soigner sans devoir opérer des choix cornéliens entre se soigner et payer son électricité ou sa nourriture. On ne subit pas non plus plusieurs fois par jour ou semaine un contrôle d'identité, ni on ne souffre de racisme ou de la destruction des services publics...

Pour ces personnes, la politique de l'UE ne pèse pas encore sur leurs existences, même si les prix de l’électricité et du gaz s'envolent. Le capitalisme néo-libéral mondialisé est loin d'être parfait à leurs yeux, il est même critiquable, mais elles considèrent qu'il s'agit du moins mauvais des systèmes. Par conséquent, ces personnes ne ressentent aucune nécessité à vouloir changer et inventer un autre système. Bref, l'enjeu consiste à choisir la force politique qui gérera le mieux le système, si possible le plus paisiblement et unanimement.

Dans ce fort contexte abstentionniste qui ressemble au contexte censitaire, la bourgeoisie et la petite bourgeoisie mettaient historiquement la liste présentée par les Verts, aka EELV aka les Écologistes à la première place des listes de gauche.

Cette année, il semblerait que celle du PS conduite par Gluksmann arrivera en tête. Beaucoup de déçus du macronisme, notamment en raison de son évolution vers l'extrême droite, se porteront sur ce macroniste, archétype du bourgeois moderne, ouvert sur le monde et thuriféraire de la mondialisation, militant atlantiste aka du camp du bien, qui présente une version édulcorée,et donc acceptable du macronisme, à la fois de gauche en campagne électorale (mais pas trop, car la retraite à 60 ans, faut pas déconner !), et, de droite une fois la campagne terminée (le système européen de l'électricité, c'est super cool !). Pour ces personnes, la politique de l'UE ne pèse pas encore sur leurs existences même si les prix de l’électricité et du gaz s'envolent.

Nul doute qu'au soir du 9 juin, le PS dans sa version normalisée, c'est-à-dire conforme aux idées de Hollande et Valls ou Delgas, pensera avoir brisé le plafond de verre et retrouvé son lustre d'antan pour présenter un candidat susceptible de remporter l'élection présidentielle. A l'instar des Écologistes, la réalité de l'élection présidentielle démontrera le contraire car le peuple français n'est pas majoritairement constitué de bourgeois et de petits-bourgeois...

Malgré ce contexte, voter pour la liste de l'Union Populaire présentée par la France Insoumise est nécessaire :

Pour la cohérence de LFI qui porte le programme de la NUPES. Les autres forces de la NUPES ont décidé de se présenter sous leurs propres bannières. Elles démontrent ainsi que leur choix de l'union lors des législatives était seulement mû par pur opportunisme et calcul politiciens. Le PCF se recentre sur la survie de son appareil, EELV espère surfer sur la vague de ses anciens scores européens, et, le PS retrouve le néo-libéralisme.

Pour la résistance de LFI aux diktats du système politico-médiatique qui lui a permis de défendre le droit international, dénonçant à la fois les crimes de guerre du Hamas et le génocide en cours commis par l'Etat israélien à Gaza, la question sociale avec la retraite à 60 ans, la hausse substantielle du SMIC et des minimas sociaux, le refus d'opposer travailleurs et chômeurs, la lutte contre tous les racismes, la dénonciation des pratiques coloniales des institutions dans les quartiers populaires.

Pour des députés de combat au parlement européen qui feront avancer certaines luttes. La reconnaissance du statut de salarié des travailleurs UBERisés, la reconnaissance de l'esclavage comme crime contre l'Humanité, l'interdiction de la pêche électrique sont autant de victoires arrachées par les députés LFI. Il est donc important de reconduire les députés sortants et d'élire, par exemple, un inspecteur du travail ou une avocate spécialiste du droit international, ou encore, de faire vivre l'union de la gauche avec des candidats issus des autres forces politiques de la NUPES.