Front populaire au risque que certains se rallient à la macronie

un léger décalage...

Billet

La liste des investitures de La France Insoumise dans le cadre du Nouveau Front populaire (NFP) a fait le miel de l'éditocratie des médias du CAC 40, mais pas seulement. Des médias du net tels que Regards ou Médiapart, ont comme d'habitude saisi la balle au bond pour accabler LFI sur son mode de fonctionnement qui ne serait pas, selon eux, démocratique. A ce sujet, je renvoie à mon précédent article : Ruffin dans la position du tireur couché.

Étonnamment, la cohérence politique est un concept qui emmerde certaines personnes à gauche.

De cette cohérence politique découle la confiance des électrices et des électeurs.

Prenons, un exemple peu réaliste, voire caricatural : imaginons donc un parti ou un candidat de gauche qui prétend que son ennemi est la finance, mais, une fois élu, ce dernier décide que l'Etat versera des dizaines de milliards d'euros d'argent public, sans contrôle ni contrepartie, aux entreprises du CAC 40. On peut se douter du désarroi des électrices et des électeurs...

Par conséquent, comment peut-on reprocher à LFI d'avoir investi ses candidat-e-s sur la base de la cohérence politique afin que les électeurs et les électrices aient la garantie que le programme et les idées portés par LFI seront défendus par ses élu-e-s ?

A contrario, quelle garantie dispose l'électrice ou l'électeur du parti socialiste ? Aucune au sens qu'il ou elle n'a aucune certitude de la ligne défendue par l'élu-e : la ligne social-libérale des Hollande, Delgas et Glucksmann ou le programme du NFP ? Mystère !

Même problématique avec les Ecologistes (ex EELV) qui n'ont jamais tranché par électoralisme entre la ligne Rousseau et Jadot.

Aussi, la non investiture de certains élus LFI qui se sont affranchis des règles du mouvement et s'apprêtaient à quitter le groupe parlementaire n'était pas un choix mais une obligation de clarté et d'honnêteté : l'électrice ou l'électeur doit savoir pour qui et pour quoi il vote.

Par conséquent, il est irresponsable que certain-e-s fassent abstraction de la cohérence politique dans leurs organisations, pratiquent l'ingérence par rapport aux investitures de LFI et créent des polémiques qui risquent de conduire à la défaite.

En l'espèce, nous pourrions interroger le mode de désignation des candidat-e-s des autres partis et micro-partis : le choix de leurs candidat-e-s a-t'il été guidé par la volonté de cohérence politique par rapport au programme du NFP ?

J'en doute énormément avec François Hollande et Aurélien Rousseau. Ils ont défendu des politiques néolibérales totalement opposées au programme du NFP, l'un comme président de la République, l'autre en qualité de ministre la santé de Macron.Le doute se renforce après l'annonce de Renaissance qu'il ne présentera pas de candidat face à certains candidats présentés par le PS.

Dans ce contexte, il appert que le PS et certains électrons "libres" des autres formations souhaitent uniquement le rassemblement pour faire barrage à l'extrême droite...

Or, la mise en œuvre du programme du NFP est la condition sine qua non pour écarter durablement l'extrême droite et lui imposer une cure d'amaigrissement électoral.

Sinon, les mêmes causes produisant les mêmes conséquences, elle reviendra plus forte que jamais.

Et, c'est là que réside le risque de trahison, en particulier avec un PS qui a investi des candidats convertis au capitalisme néolibéral. Peut-on espérer que ces derniers soutiennent un gouvernement NFP qui applique un programme qui va à l'encontre de leurs dogmes néolibéraux ?

L'hypothèse la plus probable est que ces députés jettent l'accord et le programme du NPF à la poubelle pour constituer une majorité baroque avec des députés de droite et de Renaissance.

Cette majorité soutiendra une sorte de gouvernement d'union nationale, autoproclamé bloc républicain, qui poursuivra les politiques néolibérales conduites par les Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande et Macron...

Au moins dans cette affaire, LFI a pris les devants pour éviter qu'un des siens rejoigne une majorité parlementaire inédite à la solde de Macron et des intérêts qu'il représente.