La mort d'un militant d'extrême droite de 23 ans à Lyon, le week-end dernier, est tragique. Nul ne mérite de mourir ainsi, y compris celui qui milite dans des organisations qui vouent un culte à la violence et à la mort.
Certaines âmes charitables vont baver sur la Jeune Garde, et son leader, ceci, cela... et sur La France Insoumise. Inutile de développer ici les arguments repris par la meute médiatique.
Il faut plutôt s'interroger sur les raisons de la création de cette organisation antifa. Pourquoi a-t'il été nécessaire de créer une organisation unitaire contre des milices néofascistes ?
Peut-être parce que les groupes néo-nazis ont prospéré à Lyon ces 15 dernières années ? Peut-être parce que ces milices néofascistes pouvaient saccager des lieux qu'elles identifiaient comme des lieux ennemis ou tabasser des personnes racisées, des syndicalistes en toute impunité ? Peut-être parce que les forces de l'ordre avaient tendance à intervenir avec beaucoup de retard, à l'instar de cette soirée où des miliciens tentaient d'envahir le local où se déroulait la conférence du Collectif Palestine 69 ? Probablement parce que les pouvoirs publics préféraient la voie de l'inaction complice à l'égard des groupes d'extrême droite ?
Toujours est-il que l'Etat a failli en laissant pourrir la situation. Quand l'Etat laisse agir et pulluler en toute impunité des groupes d'extrême droite dont le logiciel politique glorifie la violence physique et la mort, à l'instar des miliciens franquistes, il finit par se produire un drame mortel à la suite d'un geste ou de gestes violents commis par des personnes qui sous le coup de la colère, la vengeance perdent leur contrôle et commettent hélas l'irréparable.
A l'heure où la propagande médiatique envahit tout l'espace, il est indispensable de rappeler que cette culture de la violence physique et de la mort portée par l'extrême droite a tué et blessé ces quatre dernières années comme le rappelle le média alternatif CONTRE ATTAQUE dont j'ai repris le visuel, ci-dessous.

L'extrême droite est violente et tue régulièrement, et, parfois, il arrive qu'un de ses membres tombe. Il s'agit d'une exception, regrettable puisque personne ne devrait mourir pour ses idées, mais cette mort d'un militant d'extrême droite et toutes celles commises par les néofascistes résultent de la faillite des pouvoirs publics.
Par ailleurs, même si ce drame est étranger à la conférence de Rima Hassan, députée européenne, l'extrême droite, la droite (Retailleau), le centre gauche (Gluksmann), la macronie (Darmanin) n'ont pas hésité à exploiter ce drame pour accuser La France Insoumise d'être responsable.
La meute médiatique ne s'est pas gênée pour apporter sa contribution. On connaît son zèle pour disqualifier, discréditer la seule formation de gauche susceptible d'apporter un véritable changement politique et de tourner le dos à 40 ans de néolibéralisme : tous, absolument tous les coups sont permis à base de propos tronqués, procès d'intention pour ne pas avoir prononcé telle ou telle parole, raccourcis intellectuellement malhonnêtes, confusion volontaire de l’antisionisme et de l'antisémitisme, et, depuis ce week-end, l'exploitation de la mort d'un militant d'extrême droite.
L'emballement des médias de milliardaires et du secteur public à relayer cette propagande politicienne est inquiétante. Il faut la placer dans le contexte du classement de LFI à l'extrême gauche par le ministre de l'Intérieur. Ce classement a d'ailleurs été validé par le président de la République avec des arguments qui ne manquent pas de cynisme par celui-là même qui voulait réhabiliter Maurras, auteur et politicien nationaliste, antisémite et collaborateur.
En l'espèce, la suite logique des événements pourrait être l'interdiction administrative de LFI avec des motifs plus fallacieux les uns que les autres. D'ailleurs, quand on a un ministre des affaires étrangères qui fait des déclarations sur la base de propos tronqués et mensongers, il faut s'attendre au pire.Les plus lucides savent depuis longtemps que Macron est fondamentalement d'extrême droite et qu'il raté son coup avec la dissolution. L'interdiction de LFI garantirait à Macron que son successeur ne remette en cause sa politique économique et sociale.
La gauche, le centre gauche, et même la macronie et la droite qui participent à cette propagande délétère, sans même attendre les conclusions de l'enquête devraient savoir que si LFI tombe, leur tour viendra :
"''Quand ils sont venus chercher les socialistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas socialiste.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus chercher les Juifs, je n’ai rien dit, je n’étais pas juif.
Puis, ils sont venus me chercher. Et il ne restait personne pour protester.''" (Martin Niemöller)
Dans l'immédiat, ce sont d'abord les militant-e-s des LFI qui risquent de subir la vengeance des nervis de l'extrême droite. Force à elles et à eux !