Dans le système capitaliste, la mort d’un travailleur sur son lieu de travail passe presque médiatiquement et politiquement inaperçue, contrairement à celle d’un néonazi…
Dans la nuit du 17 au 18 avril dernier, un ouvrier de Lustucru est décédé sur son lieu de travail dans des conditions semble-t-il particulièrement horribles.
La mort de ce travailleur n’a fait l’objet d’aucune une de presse, ni de débats dans les médias tv et radios.
La France détient pourtant deux tristes records dont le gouvernement ne se vante pas et l'opposition en carton - RN, LR, PS - ne dénonce pas.
En Europe, c'est en France que l'on compte le nombre le plus important d'accidents de travail et de morts au travail.
La mort au travail d’un-e salarié-e n’est ni un hasard, ni une fatalité.
Et pour cause.
La CGT dénonce la détérioration des conditions de travail et affirme avoir alerté la direction de l'usine sur des dysfonctionnements et des problèmes de sécurité.Des accords n'auraient pas été respectés, et, surtout la précarité sociale avec le recours à l'intérim et au CDD.
Le syndicat dénonce une législation et une réglementation peu dissuasives (amendes dérisoires), et trop peu de contrôles (un inspecteur du travail pour plus de 10 000 salariés).

Comme le rappelle le magazine Frustation, la loi El Khomri (2016) a espacé les visites médicales, supprimé celle d'entrée sur un poste de travail et facilité le travail de nuit.
Depuis 2016, la flexibilité du travail c'est-à-dire la précarisation des salarié-e-s s’est accrue et la sécurité au travail s’est atrophiée.
Les mesures suivantes prises sous Macron, notamment la suppression du CHSCT et la diminution des facteurs de risques, ont parachevé un système de quasi impunité patronale.
Avec Hollande et Macron, la sécurité au travail est devenue une variable d’ajustement du Capital : les salarié-e-s sont sacrifié-e-s sur l’autel du profit.
A priori, au regard des déclarations et de leur maigre littérature programmatique, PS, LR et RN ne comptent pas abroger la loi El Khomri et celles de Macron !
En 2027, les citoyen-ne-s devront répondre à ces deux questions en glissant leur bulletin de vote dans l’urne : doit-on laisser le capitalisme tuer les travailleuses et les travailleurs, et, rester dans un système où le marché règne en maître ?