Pourquoi le gouvernement israélien soutient Bardella ?

un léger décalage...

Billet

Le scoop de Médiapart concernant les écrits antisémites de Bardella a produit diverses réactions qui méritent d'être analysées.

Il y a tout d'abord, celles des médias de milliardaires et de la sphère sioniste.

D'une part, une réaction pleine de retenue qui exprime quelques doutes, les éditocrates Amar et Elkrief étant très circonspects et étonnés comme si idéologiquement et historiquement l'extrême droite ne prospérait pas sur le racisme, en particulier l'antisémitisme et l'islamophobie. Ils veulent des preuves en espérant qu'elles ne soient jamais divulguées.

D'autre part, le négationnisme à la CNEWS, en particulier avec Praud qui a invité le principal intéressé dans une opération de sauvetage pour le laisser débiter ses éléments de langage.

Ces réactions traduisent à la fois un embarras et un militantisme, bien loin de la neutralité journalistique.

En l'espèce, ce scoop met à mal la propagande officielle assénée par ces médias qui consiste, d'une part, à soutenir l'opération de banalisation - notabilisation - blanchiment du RN, et d'autre part, par contre-coup celle de diabolisation en antisémitisme de LFI.

Depuis près de 3 ans, d'un côté, LFI est accusée d'antisémitisme sur aucun fondement par des éditocrates et des adversaires politiques de mauvaise foi qui sont incapables de citer une seule parole ou un seul fait antisémite d'un responsable de LFI et même d'un-e obscur-e militant-e insoumis-e.

Et, de l'autre côté, nonobstant le passé politique des fondateurs du FN, il y a juste à gratter le mince vernis de respectabilité du RN pour trouver une candidate qui se fait photographier avec une casquette de SS, une ville dirigée par le RN qui diffuse l'hymne du régime de Vichy dans les rues, un député ancien libraire qui vendait des livres négationnistes ou une députée, ancienne journaliste, qui écrivait des articles antisémites.

Ensuite, il y a les réactions en provenance d'Israël, en particulier d'un ministre israélien qui prend la défense de Bardella après les accusations d'antisémitisme.

Amichai Chikli, membre du Likoud, est ministre des Affaires de la Diaspora. Il est censé combattre le racisme dirigé contre les juifs qui résident à l'extérieur d'Israël.

Or, ses déclarations révèlent que sa principale fonction n'est pas de combattre l'antisémitisme pour protéger la diaspora mais de nuire à tout-e-s celles et ceux qui critiquent la politique conduite par Israël en les qualifiant d'antisémites, à l'instar de la France Insoumise, ou d’organisations comme Tsedek ! et de l'UJFP.

Les derniers cités contredisent un discours sioniste qui pourrait être même qualifié d'antisémite quand il essentialise les juifs en prétendant que la diaspora juive est unie et soutient inconditionnellement l'Etat israélien. Ce discours nourrit d'ailleurs le racisme anti-juif et les met en danger comme le souligne Sylvain Cypel.

Le discours du gouvernement israélien, repris par les sionistes, dénature et relativise l'antisémitisme c'est-à-dire le racisme exercé contre les juifs qui a produit des pogroms et la Shoah en Europe.

Dans leurs bouches, l'antisémitisme se caractérise par la dénonciation de la politique israélienne. En l'espèce, quiconque est antisémite s'il dénonce le génocide à Gaza, le colonialisme en Cisjordanie et l'apartheid à l'intérieur même de l'Etat israélien (les citoyens juifs et arabes ne sont pas égaux).

In fine, il se caractérise par l'abandon du combat contre le racisme anti-juif (véritable définition de l'antisémitisme) au profit de la défense inconditionnelle de l'Etat israélien.

Après ces nouvelles révélations sur l'antisémitisme structurel du RN et l'indifférence du ministre israélien à l'antisémitisme de Bardella, que vont faire nos compatriotes juifs et plus largement les sionistes qui avaient l'intention de voter pour le RN ?

Ajouter un commentaire

Les commentaires peuvent être formatés en utilisant une syntaxe wiki simplifiée.