Il s'agit d'une décision regrettable prise par une direction qui devance et comble les désirs du nouveau pouvoir. "Arrêt sur images" (ASI) permettait aux télespectateurs de décrypter les émissions ou les reportages. C'était la seule qui montrait le pouvoir de manipulation de la télévision, le rôle des journalistes ou animateurs, le ton choisi, ou les questions posées suivant la qualité et l'importance politique ou institutionnelle de tel ou tel invité.

Evidemment, les principaux intéressés concernés par ces décryptages étaient invités à s'exprimer sur le plateau et à défendre leur point de vue. ASI était un espace de liberté où se confrontaient différentes opinions. L'équipe d'ASI pouvait énerver parfois et même être accusée de parti pris. Mais, jamais elle n'est tombée dans le militantisme, déclaré ou sous-entendu, ni favorisé tel ou tel camp poilitique : la déontologie journalistique était respectée.

On ne peut pas en dire autant de Dame Chabot Arlette, directrice de l'information de France Télévision. Elle, qui invita le candidat Sarkozy dans son émission pendant plus de 100 minutes, et ce à la veille de la campagne officielle de l'élection présidentielle... Elle qui va signifier à Daniel Schneidermann la fin d'Arrêt sur Images...

N'est-il pas navrant que la direction de France Télévision (FT) compte en son sein des gens qui ne pensent qu'à leurs carrières pour arriver et rester au sommet... Chabot est une sarkozyste notoire. Quant à De Carolis, le président de FT, il a commis une biographie hagiographique de Bernadette Chirac... Brosse à reluire, complaisance, militantisme de circonstance en faveur du pouvoir : joli tableau !

Avec des dirigeants médiocres et courtisans, France Télévision sombre dans la médiocrité... et ne remplit plus sa mission de service public. ASI représentait une incongruité sur TF5 puisqu'elle faisait appel à l'intelligence des télespectateurs...