Lors du dernier débat parlementaire relatif au contrôle de l'immigration, le fameux amendement sur l'adn avait suscité un débat médiatique à l'intérieur de la majorité gouvernementale de droite qui avait opportunément occulté les points les plus scandaleux du projet de loi Hortefeux.

A nouveau, la visite de Kadhafi permet à Sarkozy d'occuper et de manipuler tout l'espace politique et médiatique...

Grâce à son "ouverture", Sarkozy commande non seulement sa famille politique, la droite, mais également sa version light de l'opposition, ce qui se révèle bien pratique pour contrôler le débat politique.

Les Amara, Hirsch & co constituent les rangs de cette opposition domestiquée dont les déclarations agacent parfois les "durs" de l'UMP. Mais que de services rendus... Pensez donc, la comédie fonctionne à fond ! Les fidèles UMP déversent leur haine et masquent à peine leur dédain et leur jalousie de ne pas être au gouvernement. De l'autre, les opposants virtuels du gouvernement paradent. Un casting parfait !

D'abord, cette opposition light est au service de son chef : Sarkozy. Ensuite, elle occupe l'espace normalement dévolu au PS et à la gauche. Enfin, elle brouille le champ politique : voilà des irresponsables politiciens venus de gauche qui se disent de gauche tout en étant au service d'un homme de droite et qui protestent contre lui tout en soutenant sa politique néo-libérale.

Jusqu'à présent, Sarkozy fait illusion. Il semble tout maîtriser. Sa propre majorité UMP et sa propre opposition lui permettent toutes les audaces, du paquet fiscal à Kadhafi, en passant par le "travailler plus".

Mais, à force de brouiller et d'embrouiller le débat public, Sarkozy risque de s'emmêler les pinceaux et de jeter une partie de l'électorat dans les bras du FN. "Tous pourris", cela vous ne rappelle rien ?