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Et pourtant, ce n'est pas qu'ils aiment particulièrement leur travail, leurs collègues ou l'entreprise...

Que voulez-vous, certains salariés ne sont pas attirés par la flexibilité, la précarité et le gout d'entreprendre ! Pire, parmi eux, quelques-uns n'ont plus qu'une seule ambition : s'accrocher coûte que coûte à leur emploi !

Comme le narrateur, un ancien Directeur des ressources humaines :

«Un parasite. Voilà ce que je suis depuis que je me conduis en invité permanent... Ils parient sur ma lassitude, mais ils ignorent que le parasite détient la clé du bonheur. (...) Leur cruauté n'est rien à côté de la mienne : ils voulaient mon départ, eh bien, j'exige maintenant qu'ils aillent jusqu'au bout de leur partition. jamais je ne me suis senti aussi lié à mon entreprise.»

Ce dernier a perdu secrétaire, prestige social et attributions au sein de l'entreprise sauf son bureau, lequel n'a même plus de porte !

Au cours de ce récit, l'auteur raconte à la 1ère personne du singulier et avec beaucoup de détachement et d'humour la résistance de ce salarié... sa capacité à endurer sa situation particulièrement délicate et à retourner le cynisme de l'entreprise contre elle, à se remémorer certains souvenirs de son passé de dirigeant, ou à supporter l'évolution des relations avec ses collègues...

L'occasion également pour Franck de Bost de délivrer certaines vérités sur l'époque :

«la révolte des hommes, annoncée naguère, a cédé place au désir, ce miraculeux adjuvant. Désormais, la colère populaire est indexée sur le prix des carburants.»

Le bureau vide est un court roman, très bien écrit et très actuel, que nous vous recommandons vivement. Un excellent récit décalé sur le monde du travail...