burns.jpg A Marseille, les meutres de clochards se succèdent avec comme indice commun, une bouteille de calva. C'est un des leurs, Abel, le narrateur, qui s'intéresse à ces crimes qui frappent ses rares amis d'infortune. Quel peut être le mobile ? Le wagon abandonné qu'ont squatté ses amis, objet de convoitise dans le milieu de la cloche? La folie d'un autre homme ?

Dans cet abîme où je croupis, les meurtrissures sont de règles et sans espoir de cicatrisation. L'amertume, la solitude, l'abandon de soi au moment où l'on est la seule personne au monde pour qui on compte encore vraiment, ouvrent des plaies si profondes qu'on finit fatalement par s'y perdre.

Comme dans les meilleurs romans noirs, l'intérêt de la lecture ne réside pas exclusivement dans l'intrigue, aussi intéressante soit-elle. Mais dans l'écriture claire et précise et dans la description d'un milieu social. L'auteur nous emmène dans le plus inaccessible des mondes qui est paradoxalement celui où chacun peut, par accident, s'abimer. Un récit terrible et passionnant.