Jack Lang, le coupable idéal qui masque le vide idéologique du PS

un léger décalage...

Billet

PS.jpgLa réussite de Sarkozy lors de la réforme des institutions est une petite victoire. Une fois de plus, la droite a profité de la faiblesse de la gauche.

Jack Lang est le coupable idéal. Le bouc émissaire. Julien Dray, Ayrault @ co ne se sont pas privés de lui jeter l'anathème. Même nos pas perdus après avoir eu vent du vote du congrès à Versailles n'ont pas été tendres.

Après réflexion, ce serait trop facile d'accuser un seul parlementaire d'avoir trahi son camp, non ? On traite le coupable idéal comme un chien galeux, on lui fait son petit procès de Moscou, et comme ça, rien ne change au PS...

Après tout, Jack Lang, membre de la commission Balladur, peut considérer cette réforme comme la sienne. Finalement, son vote n'est pas si surprenant... En tapant sur lui, nos dignitaires du PS tentent de masquer une chose... Une seule mais elle est d'importance.

Cette réforme des institutions révèle une chose : l'état lamentable du PS.

Un état lamentable que n'arrivent même plus à masquer les victoires électorales locales.

Depuis la défaite de Jospin, le PS est une formation sans ligne politique directrice et sans idéologie. Les congrès de complaisance et les synthèses fantoches et vides ont juste permis au PS de garder son unité de façade. L'absence de véritables débats de fond lui a fait perdre toute ligne politique et idéologique.

Sur les institutions, les parlementaires socialistes n'ont pas défendu leur projet pour s'opposer à la réforme des institutions initiée par Sarkozy puisqu'il n'existe pas...

On ne peut donc pas trop reprocher à Jack Lang de ne pas respecter une consigne de vote, de circonstance et de dernière minute. Ni aux parlementaires du parti radical de gauche puisque le principal parti de gauche, le PS, n'avait pas de projet. Lire le billet de J.L. Mélenchon à ce sujet.

Sans projet, sans idée, sans ligne politique, le PS réagit au coup par coup et a perpétuellement un coup de retard par rapport au pouvoir.

Il faut souhaiter que le prochain congrès du PS tranchera dans le vif un certain nombre de questions gênantes, même si cela brise une unité qui n'est aujourd'hui que de façade: l'Europe, les retraites, les 35 heures, la fiscalité, les institutions.

Commentaires

1. Le mardi 22 juillet 2008, 17:07 par Nicolas J

Pas du tout ! Il faut traiter le cas Lang, seul type du PS à avoir voté pour ce bazar et confirmant Nicolas Sarkozy dans sa stratégie. Les débats sur la constitution ont eu lieu auparavant et le PS prépare son congrès (tu peux aller lire les contributions) : il n'est pas au pouvoir et il est normal qu'il soit dans l'opposition.

Virer Lang permettra de le rappeler et d'éclaircir la situation.

2. Le mardi 22 juillet 2008, 18:01 par pas perdus

je ne suis pas aussi certain que toi... que virer un homme permettra au PS de retrouver sa splendeur.


Si le PS avait eu un projet, Lang ne serait pas allé dans cette commission Balladur...

Tu vois, il y a toutes ces contributions, tant mieux, mais c'est traditionnel...  Attendons ce qui ressortira du congrès...
3. Le mardi 22 juillet 2008, 21:57 par marc vasseur

faut faire les deux.

Sinon sur le vide des propositions, ouais mm constat il y a qq temps sur un billet sur la position des socs il y a qq semaines

4. Le mardi 22 juillet 2008, 22:04 par jon

Disons que cela fait quelque temps qu'il aurait dû être sanctionné. Pour son opposition idéologique avec le PS, a fortiori dans le cas d'une révision constitutionnelle qu'il a lui-même grandement contribué à élaborer. Il est faux et tendancieux de dire que Lang est allé dans cette commission parce que le PS n'avait pas de projet. La gauche a perdu en 2007. Elle avait un projet. Lang a surtout vanté son goût pour une présidentialisation du régime et montré ses capacités au pire opportunisme. Il a été "à la soupe" comme on dit. C'en est donc trop. Alors qu'on parle de procès de Moscou, c'est aller un peu vite en pensée, non ?

5. Le mardi 22 juillet 2008, 22:41 par pas perdus

Je suis d'accord sur le fait qu'il y a des contributions... Mais si ça débouche sur une vague synthèse comme d'habitude, rien ne changera... Il faut que ce congrès soit l'occasion de certaines clarifications aux niveaux des idées. Ceux qui ne sont pas d'accord, s'il y a clarification, devront soit respecter le programme, soit quitter le PS...

On crie sur Lang (je ne le défends pas), mais il y a quelques mois, la même chose s'est produite lors du congrès pour le traité de Lisbonne. Si les parlementaires socialistes avaient respecté la synthèse du Mans et le programme de S. Royal, ils auraient dû tous voter contre... Or, Ayrault et cie ont voté pour la ratification ou se sont abstenus, non ?

Pour moi, ce n'est pas la question d'un homme ou de deux, mais exclusivement un problème collectif qui prouve que les synthèses affaiblissent à la longue le PS au niveau des idées et de son efficacité à s'opposer à la politique de la droite.

6. Le mercredi 23 juillet 2008, 10:30 par marie laure

Ce qui est dommage dans la stigmatisation du sieur Lang, et avec tout le battage médiatique qui l'entoure, c'est que c'est un peu comme l'arbre qui cache la forêt. Pendant que l'on dégoise sur ce type, on oublie de noter qu'ailleurs les dissidences et les couacs sont nombreux. Les autres partis n'ont qu'à se frotter les mains : l'attention du public est "heureusement" détournée sur un épiphénomène.
Car en vérité, qu'est-ce que la conséquence d'UN seul vote "pour"chez les socialistes compte tenu du nombres d'élus PS global ?
Peut être serait-il plus intéressant de se questionner sur les votes UMP,Modem ou autres ?
Bref, cette cabale anti-Lang (même si je la comprends et si on peut la considérer comme justifiée) me semble est plus contre-productive pour le PS qu'autre chose. Et surtout parfaitement "productive" pour les autres partis.

7. Le mercredi 23 juillet 2008, 17:34 par pas perdus

Je suis d'accord, le cas Lang permet d'occulter d'autres problèmes bien plus importants au PS

8. Le vendredi 25 juillet 2008, 00:41 par abadinte

Pas Perdus, tu abondes dans mon sens. Tu retrouves le chemin.
Finalement, notre problème est que le Parti Socialiste n'a jamais clarifié notre position sur quoi faire pour la réforme des Institutions. Sommes-nous primo-ministériste ou présidentialiste? Jack Lang n'a jamais caché son penchant présidentialiste. Montebourg est primo-ministériste. Ces deux lignes coexistent mais malheureusement, il n'y a pas eu de réel débat au sein du Parti Socialiste pour trancher.

9. Le vendredi 25 juillet 2008, 06:12 par pas perdus

Je suis d'accord avec toi... Pour le manque d'idées que j'évoque, je m'étais sans doute mal exprimé, par goût de la provocation. En fait, le PS n'a plus de position "oficielle" dessus, comme sur bien d'autres sujets, ce qui fait qu'à chaque fois (ou presque) que la droite propose une réforme, le PS est basiquement contre globalement sauf quelques électrons libres et cela donne un sentiment de cacophonie, tout simplement parce qu'il n'a pas de position officielle ou de projet à lui sur la question soulevée... Toujours un coup de retard, toujours confu...