N'en déplaise à ces derniers, en particulier à Ivan Rioufol, on peut critiquer le libéralisme économique ou le néo-libéralisme sans être pour autant un anticapitaliste bolchévique, un militant du Hamas, du NPA de Besancenot, ou du FN...

En pratiquant l'amalgame, ledit Rioufol se discrédite en faisant preuve d'un aveuglement idéologique qui rappelle celui des staliniens quand ces derniers défendaient l'URSS malgré les évidences. Il a également la mémoire sélective :

de faux arbitres renvoient même dos à dos les échecs du communisme et du capitalisme, en oubliant les millions de morts de l'un, les millions de pauvres sortis de leur condition de l'autre.

L'argumentation est tellement grossière qu'on se demande si cela vaut vraiment la peine de lui répondre : Afghanistan, ghettos, Contras, trafic de drogue, Irak, Soudan, Chili de Pinochet, Argentine des colonels, paradis fiscaux, Ethiopie, Afrique du Sud, Russie de Poutine...

Comme le rappelle Le Monde, un journal gauchiste sans doute aux yeux du sieur Rioufol, cette crise économique marque la fin du néo-libéralisme.

Selon Le Monde, il reposait sur 4 croyances :

  • 1 Le risque n'existe plus :

les banques sont peu à peu convaincues qu'elles ne courent aucun risque. Les crédits qu'elles consentent sont en effet "titrisés", transformés en produits financiers, cédés à d'autres. Puisque le risque est dilué un peu partout, il n'est plus nulle part. Erreur : quand la conjoncture se retourne, ces produits financiers se transforment en "boîtes noires" dont tout le monde se méfie. Résultat : le risque est au contraire décuplé.

  • 2 Les marchés s'autorégulent :

Pour rassurer les marchés, les Etats, même les plus libéraux, sont contraints de nationaliser, au moins partiellement, les banques en difficulté.(...) Une chose est sûre : le mythe de l'autorégulation des marchés a vécu.

  • 3 La finance n'est que virtuelle :

les professionnels de la finance ont oublié que celle-ci (la finance) n'était qu'un outil au service du financement de l'économie.

  • 4 Tous propriétaires :

Aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou en France, bâtir une "nation de propriétaires" est un objectif politique majeur. Mais quand le marché immobilier se retourne, le rêve peut virer au cauchemar.

L'axiome du néo-libéralisme, selon lequel l'Etat doit intervenir le moins possible dans le système économique, a conduit à la catastrophe. Aujourd'hui, crise financière, et demain crise économique et crise sociale. Et plus grave, misère et famine dans les pays pauvres.

Espérons qu'en France, l'UMP et le pouvoir exécutif retiennent la leçon et renoncent à la politique de dérégulation et de privatisations.