Mais, il n'en fallait pas moins pour que le JDD de Lagardère, un ami de notre omniprésident, manipule les chiffres de ce sondage pour annoncer que 63% des sondés sont favorables au travail dominical (lire peuple.net).

La manipulation est d'autant plus belle que ce même dimanche Chatel et Bertrand, deux éminents membres du gouvernement, dénonçaient l'interdiction du travail dominical comme une mesure complètement archaïque. Les hasards du calendrier...

Au nom de la liberté du travail, de la relance de la croissance et de la lutte contre le chômage, ces politiciens présentent la légalisation du travail du dimanche comme la mesure miracle... Toutes les études sérieuses démontrent que le travail le dimanche aggrave la précarité et fragilise l'individu et la famille.

Xavier Bertand récidive aujourd'hui dans l'émission Dimanche + sur canal Plus. Il déclare que rien ne doit être tabou, et il propose que des crêches restent ouvertes 24 heures/24, 7 jours/7 pour le parent de la famille monoparentale ou les parents qui se portent volontaires pour bosser le dimanche !

Vos gosses vous cassent les bonbons, les repas de famille vous gonflent, vous n'aimez pas lire ou aller au cinoche, de même que vous promener vous donne des boutons ?

Xavier Bertrand vous conseille La solution miracle : le travail le dimanche et les crêches qui vont bien !

Vous avez dit "politique de civilisation"... ?

Cette attaque frontale contre un des derniers droits qui protègent les salariés est d'ailleurs une obsession de Nicolas Sarkozy.

Sarkozy s'embrouille avec les exceptions relatives à l'interdiction du travail dominical (zone touristique, commerce culturel) en prenant l'exemple des trottoirs des Champs Elysées... Plus c'est gros, plus ça passe !

Or, l'expérience allemande devrait faire réfléchir la droite. Là-bas, depuis 2003, les restrictions au travail dominical ont été très assouplies, et pourtant les niveaux de la consommation et de l'épargne sont demeurés stables.

Taux d'épargne / Allemage

Allemagne / Commerce de détail (Source Médiapart)

La relance de l'économie par le travail dominical est un leurre, tout simplement parce que le pouvoir d'achat des ménages n'est pas extensible.

Le président de la République et le gouvernement devraient poser la question du pouvoir d'achat en d'autres termes, en particulier celui de la redistribution des richesses.

De nos jours, le salariat n'est plus une garantie contre la misère : Smic tros faible qui entraine vers le bas les autres salaires, temps partiel imposé, précarité salariale...

L'attaque frontale de l'UMP contre l'interdiction du travail dominical démontre qu'elle ne s'est pas défaite d'une idéologie, le néo-libéralisme de l'école de Chicago, qui favorise les revenus du capital, en déréglementant tous les marchés, notamment celui du travail, au détriment des salariés.