Ces derniers mois, on pouvait légitimement espérer que la droite abandonnerait définivement son projet de généraliser le travail le dimanche au nom du pragmatisme.

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Or, les dernières déclarations de Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, ne laissent aucun doute :

"Ce dossier n'est pas enterré. C'est un texte qui est important pour le Président, pour le gouvernement et pour la majorité. On ira jusqu'au bout."

Et, le récipiendaire enfonce le clou :

"Il y a une position commune au sein de l'UMP avec le gouvernement, tout le monde est aujourd'hui sur la même ligne".

Nous avons ici, dans cette rubrique, suivi avec attention le combat des parlementaires de gauche et surtout la fronde de certains élus de la majorité qui firent reculer ce projet de régression sociale.

Fin décembre, le gouvernement botte en touche, annonçant un délai supplémentaire pour le débat démocratique. En réalité, il s'agissait d'en finir avec des divisions internes à la droite qui faisaient désordre en pleine crise et qui remettaient en cause l'autorité de notre omniprésident. Officiellement, le projet de banalisation du travail dominical devait être voté avant la fin mars 2009.

A l'UMP et au Medef, certains commençaient à s'inquiéter des reculades et des retards du gouvernement.

Aussi, X. Bertrand a-t-il tenu à les rassurer en fixant un objectif (au plus tard avant la rentrée) et en précisant la méthode :

"Dans le cadre de la proposition de loi du député UMP Richard Mallié, soit par le biais d'un amendement sur un autre texte."

Aussitôt dit, aussitôt presque fait !

Ainsi, apprend-on que les sénateurs du groupe Union centriste Yves Pozzo di Borgo et Hervé Maurey ont glissé deux amendements au projet de loi relatif au développement et à la modernisation des services touristiques...

Deux petits amendements qui devaient "passer inaperçus" et qui auraient mis fin au principe du repos dominical.

Certains élus font honneur à la démocratie en ayant recours à de telles méthodes...

Mais après tout, pourquoi se gêneraient-ils puisque le secrétaire général de l'UMP, sans doute téléguidé depuis l'Elysée, encourage de telles pratiques ?

Au fait, ça consistait en quoi la dernière réforme constitutionnelle ? Renforcer le rôle du Parlement et par conséquent, accorder plus de place au débat ?

No comment...

Revenons au repos dominical. Ces prochaines semaines, on peut craindre de semblables initiatives, alors soyons vigilants !