tronconneuse.jpg

«Qui paie ses dettes s'enrichit...»

Le dicton populaire est à classer au nombre de ces fausses évidences dites de bon sens au nom desquelles en apparence, les politiques de rigueur et d'austérité sont mises en œuvre... Autre phrase culte reprise en boucle par les éditocrates à la Apathie, Minc et consorts qui délivrent la bonne parole dans les médias dominants:

« Si l’État est endetté, pardi c'est parce qu'il dépense trop ! Donc, il faut réduire ses dépenses !»

Or, à dépenses constantes ou en baisse, abstraction faite des intérêts de la dette, l’État s'endette encore et toujours !

En l'espèce, les néo-libéraux privent l’État de recettes par la rigueur (imposée aux classes populaires) [1], les privatisations [2] et les niches fiscales (accordées aux oligarques)... [3]

Nous ne sommes pas économistes, mais nous constatons que le bilan des politiques néo-libérales, où qu'elles aient été appliquées, est systématiquement le même : à mesure que les zélés libéraux serrent la ceinture du peuple, les privilèges accordés à l'oligarchie s'accumulent et les États sombrent dans l'endettement et la tiers-mondialisation.[4]

money.jpg

Aussi, ce qui se produit en Grèce était prévisible. Le 1er plan d'ajustement a seulement renforcé l'appauvrissement des classes populaires et l'endettement de l'Etat grec. A peine le 2d plan de la troïka néo-libérale UE-BCE-FMI a été adopté que les commentateurs admettent qu'il ne sauvera pas la Grèce. Et pourtant, ce ne sont pas des bolcheviks ! [5]

L'exemple argentin est à ce titre lumineux.

Que pense l'ancien ministre argentin de l'économie qui osa mettre en place une politique contraire à l'orthodoxie néo-libérale ?

«Le fait que les pays fassent des sacrifices pendant des années uniquement pour payer les créanciers n’a pas de sens, d’autant qu’en outre, cela freine la croissance du pays et dans l’espèce, de toute la région.»[6]

Et Roberto Lavagna d'enfoncer le clou :

« Qu’est-ce qui ne marche pas dans cette histoire ? Tout simplement qu’on a cherché un programme acceptable par les banques, et pas un programme soutenable par l’économie du pays. (...) Le choc a été tel qu’en Amérique latine on appelle cette période la « décennie perdue». Il y a des points communs avec des pays en Europe…» [7]

bank.jpg

Que préconise-t-il ?

« il faut changer la manière de penser pour trouver des solutions différentes de la simple répétition des « ajustements[8]



Fort de ce constat et de cette expérience, il serait temps de changer de logiciel et de virer TINA !

Par exemple en France, il faudrait que l'opposition s'oppose systématiquement à toute mesure qui s'inspire de l'idéologie néo-libérale... Et joue une musique différente de celle qui vante les mérites de la rigueur et de l'austérité.

Aussi, les tergiversations des socialistes par rapport à la "règle d'or" de Sarkozy sont lamentables et dangereuses. Elles montrent, une fois de plus, combien le PS est dominé idéologiquement par la droite. Combien la social-démocratie est soumise à l'idéologie néo-libérale. [9] Et combien le Parti socialiste n'est pas à la hauteur de la situation.

2012.jpg

Notes

[1] Ruminances - Grève des frangines à Albertville

[2] Intox 2007 - TINA, la vieille pute libérale.

[3] Pensée libre - La prospérité des riches allège-t-elle la misère du monde ? 1- l’épargne

[4] des pas perdus - l'Union européenne du traité de Lisbonne prépare la tiers-mondialisation de l'Europe

[5] La presse affaires - Le plan du FMI pour la Grèce a déjà échoué en Argentine

[6] Les crises.fr - Interview Exclusive Roberto Lavagna, ancien ministre argentin de l’économie

[7] Marianne 2 - Grèce : la leçon argentine

[8] Les crises.fr - Interview Exclusive Roberto Lavagna, ancien ministre argentin de l’économie

[9] des pas perdus - PS et EELV voteront-ils la règle d'or du néo-libéralisme?