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Hors circonstances urgentes, celles-là mêmes définies par l'actuelle Constitution en son fameux article 16, un gouvernement d'union nationale n'a aucune légitimité ni justification.

C'est exclusivement dans ce cadre - mettant exceptionnellement entre parenthèses le débat politique et le fonctionnement normal des institutions - pour chasser un danger commun, par exemple des hordes fascistes et esclavagistes, que nous concevons l'ouverture.

Par conséquent, en dehors dudit cadre, l'ouverture n'est que débauchage politicien, tentative hégémonique d'un parti et finalement la négation même du débat politique, et du clivage gauche - droite, donc de la démocratie, qu'elle soit pratiquée par Sarkozy ou Mitterrand, ou rêvée par Chevênement, Bayrou, Valls, Royal ou De Villepin.

L'ouverture peut également révéler des proximités idéologiques. Que des Besson, Amara, Jouyet, Kouchner et Bockel, issus de la social-démocratie, n'aient pas hésité à franchir le rubicond, démontre que les idées qu'ils défendaient et incarnaient au PS n'étaient fondamentalement pas différentes des idées portées par l'UMP sur la majeure partie des sujets, en particulier l'Union européenne et l'économie...

Sinon, la politique, c'est faire des choix politiques : les assumer, les expliquer, les faire partager et les traduire dans la réalité.

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Cette lapalissade rappelle que la question de la compétence - cette fameuse idée fumeuse d'un gouvernement rassemblant les plus compétents de gauche, de droite et du centre - est un leurre.

Jamais, nous n'avons contesté les compétences de Nadine Morano, de Eric Woerth, de Patrick Balkani, de Charles Pasqua, de François Fillon, de Christian Estrosi, de Rachida Dati, de NKM, de Jean-Louis Borloo, de Alain Juppé, de Jean Tibéri, des fils à papa Debré, de Jean et Nicolas Sarkozy, de Jacques Delors et sa fille, de François Bayrou, de Marielle de Sarnez, de jacques Chirac, de François Hollande, de Manuel Valls, de la fille à papa Le Pen, de Michel Rocard, de Valérie Pécresse, d'un Eric Raoult, de Julien Dray, de Gérard Filoche, de Jean-Paul Huchon, de Laurent Fabius, de Edith Cresson, de Jean-Christophe Cambadelis, de Roselyne Bachelot, de Jean-Pierre Raffarin, de Christine Lagarde, de Marie-Georges Buffet, de Dominique Voynet, de Daniel Cohn Bendit, de Jacques Généreux, de DSK, de Ségolène Royal, de Cécile Duflot, de Jean-Luc Mélenchon, de Vincent Peillon, de Jean-Michel Baylet, de Olivier Besancenot, de Arlette Laguillier, de Benoît Hamon, etc.

Toutes les formations politiques ont des militants et des responsables compétents. Toutes défendent des projets de société opposés, voire incompatibles, selon qu'elles soient de gauche ou de droite, avec un "nuancier" suivant les thèmes.

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Nier ces différences en espérant - comme Valls ou Royal - incarner l'union de la gauche jusqu'à De Villepin est la négation même du débat politique. C'est même une forme d'irrespect pour ceux qui défendent des idées différentes.

Aussi, par quels truchements peuvent-ils oublier les décisions et les parcours des uns et des autres ? Le CPE, le CNE, les privatisations des autoroutes, la gestion des émeutes, la fin des DDE, et en fin de compte leurs différences politiques?

De plus, comment pourrait-on faire alliance avec des forces politiques qui voteront la fameuse règle d'or du sarkozisme ? Une disposition qui grave dans le marbre l'un des dogmes du néo-libéralisme et de l'Union européenne ? Une règle qui limitera la démocratie ? Qui exclura la question budgétaire du débat ? Qui favorisera les desseins de l'oligarchie ?

Enfin, l'ouverture reviendrait à trahir sa propre histoire, et à oublier les insurgés de juin 48, les communards, Jaurès, la lutte des classes, cette volonté de transformer la société, de construire un monde meilleur ?

Aussi, en dehors des circonstances précitées, l'ouverture à des forces politiques de droite ne se conçoit même pas pour un citoyen proche du Front de gauche.