Liquidation (Imre Kertész)

un léger décalage...

Billet

Dans ce court roman d'Imre Kertész, il est question d'un absent, un écrivain qui aurait laissé un roman avant de se suicider. Le narrateur est tour à tour son ami et éditeur, puis son ex femme, ancienne maîtresse de l'éditeur...

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«Ils ne gardent que le vague souvenir d'un combat où, jour après jour, ils se sont arc-boutés contre un mur qu'ils croyaient infranchissables; et un jour, d'un coup - d'une manière ou d'une autre-, la résistance a disparu et ils se sont retrouvés dans un néant que, dans leur première ivresse, ils ont pris pour la liberté.»

L'éditeur mène quasiment sa propre enquête, retrouve l'ex épouse, persuadé que le défunt n'est pas parti pour rien, qu'il a achevé le roman sur lequel il travaillait depuis des années :

«Je dois analyser cette passion - la seule grande passion de ma vie, je dois le dire - qui s'est transformée avec le temps en obsession et dont l'objet est naturellement un livre, en l'occurrence un livre manquant, le roman disparu de B.»

Cette narration, à deux voire trois voix, se déroule entre présent et passé, un travail sur la mémoire, l'amitié, l'amour, la trahison, le sens supposé ou pas d'une vie, l'Histoire qui marque les Hommes, et les zones d'ombre laissées par l'écrivain et le temps. Les récits croisés content une vie née à Auschwitz qui n'est plus et qui s'efface.

En refermant ce livre, on ne peut s'empêcher de penser à Primo Levi...

A lire.

Commentaires

1. Le mardi 16 août 2011, 09:18 par Romain / Variae

Tu as déjà parlé de cet auteur ici,non?

2. Le mercredi 17 août 2011, 08:19 par des pas perdus

A priori, c'est la 1ère fois que je le chronique, ce qui m'étonne parce que j'ai lu d'autres bouquins de lui depuis l'ouverture du bloug.