Ainsi, le site Liberté politique, qui se revendique de la droite chrétienne, consacre un long article à la Ière Journée européenne pour un dimanche sans travail qui a lieu ce 4 mars, organisée par l’Alliance européenne pour le dimanche, une association européenne qui compte parmi ses membres les principaux syndicats ouvriers français.

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Voici un extrait de l'appel à cette 1ère journée :

« En ces temps de crise économique et financière actuelle où l'emploi et les droits sociaux sont de plus en plus mis à mal, le dimanche chômé est une démonstration claire et visible que les personnes et les sociétés dans leur ensemble ne sont pas uniquement soumises au travail ni à l'économie. Nous croyons que tous les citoyens de l'Union européenne ont le droit de bénéficier d’horaires de travail décents, ce qui, par principe, exclut le travail du soir, de nuit, des jours fériés et du dimanche. Seuls les services essentiels doivent fonctionner le dimanche. »

A l'UMP, certains députés s'inquiètent que la question dominical revienne dans l'actualité :

« Le propos ressort, certes. Mais qu'on soit bien clair. C'est un ministre qui dit parle au nom du président. C'est une erreur. C'est inopportun. Il me semble peu probable que le président de la République remette en cause cet équilibre. D'autant que le candidat Sarkozy - que je soutiens - a tenu des propos que je rejoins sur les valeurs, et notamment sur celles de la famille. Elle est au cœur de la problématique du travail dominical. C'est une vraie contrainte pour une mère de famille de devoir quitter les siens en plein dimanche pour aller travailler »

Depuis cette interview, Sarkozy a confirmé les propos de son ministre du commerce... et démenti les affirmations du député Le fur, à qui on fait remarquer, au passage, que la problématique dominicale ne concerne pas seulement les mères de famille et les enfants...

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Enfin, une autre voix discordante s'élève, celle d'Alain Griset, le représentant des artisans et des petits commerçants :

« L’ouverture des commerces le dimanche modifie l’affectation des dépenses des ménages vers la grande distribution, au détriment des commerces en centre ville. Le travail dominical est une remise en cause de l’économie de proximité qui, aujourd’hui, est la seule à avoir la capacité de faire vivre les centres urbains et les espaces ruraux. Il y a donc là une véritable contradiction avec les politiques de réanimation des centres villes et avec les politiques de développement des zones rurales. Avec un risque d’accroitre les inégalités entre les territoires. »

Le président de l’Assemblée permanente des chambres de métiers et de l’artisanat (APCMA) et vice-président de l’Union européenne de l’artisanat et de la petite et moyenne entreprise (UEAPME), peu suspect en bolchévisme, enfonce le clou :

« En termes d’emploi, à chiffre d’affaires égal, la grande distribution crée quatre fois moins d’emplois que l’artisanat et le commerce. Or, les facilités d’horaires offertes par une grande surface ouverte sept jours sur sept vont détourner une partie des consommateurs des artisans, particulièrement ceux des métiers de bouche. Les seuls emplois favorisés par le travail dominical seront les emplois peu qualifiés au détriment des emplois comportant un véritable savoir-faire, ce qui accentue ce que l’on appelle le phénomène des « travailleurs pauvres. »

Toutes ces voix discordantes à droite manqueront peut-être à notre petit père des peuples, le président candidat Sarkozy...