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Évidemment, nous vous recommandons ce bouquin qui décrypte les ressorts de la domination de l'oligarchie, l'avènement du capitalisme financier et mondialisé, et les diverses stratégies de légitimation et d'enfumage de la classe dominante qui est en train de remporter la guerre des classes. Si vous désirez lire une bonne critique de L'argent sans foi ni loi, allez chez Annie.

Nous vous proposons, ci-dessous, trois extraits pour vous mettre l'eau à la bouche...

Sur l'enrichissement des uns et l'appauvrissement des autres :

«Les déficits publics et les dettes des États sont en grande partie liés à la spéculation financière. Les investisseurs, en réalité les prédateurs, captent la richesse produite par la médiation des profits réalisés sur les marchés financiers, agrémentés des bonus de la fraude fiscale et du suprême bien-être des paradis fiscaux. L'enrichissement virtuel se matérialise en puisant dans l'économie réelle. (...) Le prélèvement sur les fruits du "vrai" travail doit être financé par l'appauvrissement des "vrais" travailleurs. Il faut donc baisser le "coût" du travail, de ce qui est au principe de toute richesse, et réduire les déficits publics, c'est-à-dire rogner jusqu'à l'os la chair des services et des équipements qui permettaient une certaine redistribution de la richesse en faveur de ceux qui la produisent. jouer l'argent sur les tables de la finance permet aux parieurs de faire bombance sur le dos des classes dominées. »

Sur la répartition des richesses entre le capital et le travail dans une grande entreprise française :

«Le coût du travail des salariés européens doit être, au nom de la compétitivité, ramené au niveau des peuples les plus pauvres, tandis que la gourmandise des actionnaires ne doit pas connaitre de limites. Chez Michelin, par exemple, la masse des dividendes versés aux actionnaires entre 1992 et 2011 a augmenté de 12,8%. Durant la même période, la masse salariale n'a été revalorisée que de 1,2%. De tels écarts sont susceptibles de menacer les fondements mêmes des démocraties européennes. »

Sur les raisons de l'impuissance des politiques :

«Les politiques sont en majorité, en France en tout cas, des personnes qui sont liées aux hommes d'affaires. Les uns et les autres ont suivi les mêmes cursus universitaires. Ils passent allègrement du public au privé et vice-versa au cours de leur carrière. En outre, la classe politique française pratique le cumul des mandats et fait de la politique une carrière professionnelle. Les ouvriers et les employés qui représentent tout de même 52 % de la population active sont absents des assemblées parlementaires. La classe politique n'est donc plus représentative du peuple. la fausse alternance entre droite et gauche libérale est une construction fictionnelle qui empêche de voir la réalité : ils appartiennent tous à la même classe dominante. Hubert Védrine, ancien ministre PS, est membre du conseil d'administration du groupe LVMH, où il retrouve Christophe Girard, un élu PS de la municipalité parisienne. Les deux bords politiques se fréquentent dans les clubs huppés comme "Le Siècle", où viennent aussi les "personnalités" de la culture et des médias. Dans l'oligarchie, on trouve également quelques universitaires, comme Michel Crozier ou Michel Maffesoli, et des intellectuels médiatiques, tel Bernard-Henri Lévy ou des économistes libéraux dont Alain Minc. Ces oligarques médiatiques brouillent les frontières gauche/droite, et contribuent à la difficulté des Français à penser le monde en termes de domination de classe. (...) »

Intéressant, non ?