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On comprend la déception des travailleurs et de leurs organisations, d'autant que l'accord est plus que fragile et contestable puisque Mittal doit respecter sa parole et l'Union européenne adopter le projet européen d'enfouissement du CO2.

Mais, au-delà du contenu d'un accord qui marque l'énième capitulation d'un gouvernement social-démocrate face aux puissances de l'argent, il ressort que les salariés et leurs représentants syndicaux ont été traités comme des citoyens de seconde zone en étant écartés des négociations. Une sorte de relégation sociale et citoyenne à l'encontre de travailleurs qui luttent depuis des mois pour sauver leurs emplois et leur outils industriel.

Bien qu'il n'existe aujourd'hui aucune disposition légale et réglementaire ad hoc, un gouvernement qui se réclame de la gauche, composé de socialistes, d'écologistes et de radicaux, aurait dû inviter les organisations syndicales à participer à ces négociations.

En l'espèce, le gouvernement a ignoré la démocratie sociale.

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Sans tomber dans la critique systématique, il est tout de même frappant que les dix années d'opposition du PS - une période propice à la réflexion - n'aient pas débouché sur des mesures concrètes pour instaurer la démocratie sociale.

Ainsi, la vie et l'avenir des salariés des entreprises en difficulté dépendent encore des "accords" pris au sommet, sans leur demander leur avis, et sans que leur avis soit décisif, comme sous Sarkozy ! Il y a là quelque chose de révoltant et d'archaïque.

Comment qualifier cette société où la démocratie s'arrête à la porte des entreprises et des administrations ?

Certes, les salariés n'ont pas le capital mais ils possèdent les compétences et sont les créateurs de richesses. Par conséquent, ils doivent, au même titre que les autres parties, avoir les mêmes droits de négociation et de décision en toutes circonstances.

L'accord sur Florange porte la marque de cette absence de démocratie sociale. Il conviendrait que la gauche y remédie.