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« Après l'an 2000 et le sauvetage des banques par les États à coups de milliards d'euros et de dollars sans aucune contrepartie, par un effet boomerang, la finance frappa les pays européens. Des agences dites de notation aux ordres de la finance estimèrent que lesdits pays étaient trop endettés en raison d'un assistanat généralisé qui favorisait les chômeurs à chômer et surtout creusait la dette publique.

Aussitôt, les grands seigneurs de l'Union européenne qui n'avaient point chômé leurs hautes études et fait toute leur carrière en politique ou dans les banques se réunirent en déclarant que leurs pays étaient en faillite.

ET QUE CROYEZ-VOUS QU'IL ARRIVA ?

Les maîtres du monde, sous l'égide de l'immense Barroso, de la bonne mère Merkel, du libertin DSK, du petit Sarkozy puis du normal Hollande décidèrent qu'il fallait serrer sans chômer et sans pitié la ceinture des peuples.

En bon socialiste réaliste, pragmatique, sérieux, convaincu et ultra-compétent, le président de l'Internationale socialiste, l'homme qui traçait la voie du socialisme moderne dans sa version libérale imposa le 1er de lourds sacrifices à la multitude grecque qui, d'après lui, avait tendance à chômer sur ses droits sociaux !

Il fut donc établi que le secteur public serait réduit à la portion congrue, suivant l'axiome que le secteur privé ne chôme pas pour palper l'oseille. Les conseillers à la cour, spécialistes en économie télévisée de marché, incitèrent les grands pachas à ne pas chômer. L'interdiction aux banques centrales de prêter aux États fut réitérée. Il fut décrété que les classes privilégiées pourraient chômer le paiement de l'impôt. Enfin, ils firent disparaitre les carcans fiscaux et sociaux qui empêchaient la saine compétitivité et la concurrence pure de tous contre tous pour pas tous avant toute !

Conformément aux mémorandums, les députés du PS, de droite et d'extrême votèrent avec enthousiasme moult subventions aux grandes entreprises, la flexibilité de l'emploi, les baisses des bas et moyens salaires, ainsi que la suppression de la plupart des aides sociales.

Deux ans plus tard, par le truchement d'élections, Papandreou et ses camarades socialistes réactualisèrent la notion d'Union nationale en s'alliant avec la droite et, excusez du peu, l'extrême droite : la guerre contre la dette publique redoublait d'intensité !

Le normal président Hollande - tout fraîchement élu ennemi déclaré de la finance et jamais en retard d'une bonne guerre - fit même une petite mais décisive intervention télévisée pour sauver la coalition emmenée par la droite sociale de Samaras.

Autrement dit, en ces temps-là en Grèce, TINA ne chômait pas, ce qui simplifiait la démocratie.

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ET QUE CROYEZ-VOUS QU'IL ARRIVA ?

  • la dette publique de nos amis grecs ne chôma pas.
  • l'activité économique chôma contrairement à l'exil fiscal,
  • le chômage atteignit un niveau d'activité exceptionnel (26,8% de la population active, 56,6% des 15-24 ans et 34,1% des 25 à 34 ans),
  • les riches s'enrichissaient plus à mesure que pauvres et moins pauvres s'appauvrissaient.

Bref, les résultats de TINA furent diamétralement inverses aux objectifs déclarés !

Même si tous les indicateurs signalaient que la situation empirait, les troubadours des médias publicitaires aux ordres du Capital, les VRP multicartes et multiménages Aphatie, Barbier, Minc, Attali, Quatremer, Le Boucher, Giesbert, Demorand et Joffrin rivalisaient de louanges pour la politique préconisée par la Sainte troïka néo-libérale de l'Union européenne de M. Barroso, l'Internationale socialiste représentée par MM. DSK et Papandreou, et le FMI de Lagarde ! Et se lamentaient que la France, alors gouvernée par la droite, avançait si peu dans la voie de la réforme du modèle économico-social !

ET QUE CROYEZ-VOUS QU'IL ARRIVA ?

Le brillant exemple de la Grèce incita les gouvernements de droite et sociaux démocrates à transposer la politique socialiste-libérale de Papandreou et Samaras.

Là encore les résultats de l'application zélée de TINA, fille naturelle du socialisme libéral et de la droite sociale furent les suivants :

  • la pauvreté ne chôma moins encore;
  • les inégalités sociales se creusèrent;
  • les licenciement se succédèrent sans jour chômé, même dans la fonction publique;
  • la consommation chôma plus encore;
  • l'activité économique ralentit puis chôma;
  • les richesses et les ressources produites chômèrent;
  • la dette publique explosa ;
  • et jamais le chômage redoubla d'activité en Grèce, passant de 11,3 % en janvier 2010 à plus de 27 % en janvier 2013 !

Malgré l'évidence, les médias dominants ne chômèrent pas pour soutenir TINA !

ET QUE CROYEZ-VOUS QU'IL ARRIVA ?

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D'autres pays s'empressèrent de transposer la politique de Papandreou, laquelle avait déjà été appliquée sans chômer sur les continents africains et sud-américains !

TINA ne chôma pas !

Bref en ces temps-là, tous les pays européens vécurent en différé les mêmes effets que nos amis grecs.

Le taux de chômage espagnol s'éleva à plus de 25 % de la population active, et plus de 50 % chez les moins de 26 ans...

ET QUE CROYEZ-VOUS QU'IL ARRIVA EN FRANCE ?

L'alternance politique de mai - juin 2012 ne fit point chômer TINA !

Les ministres ne chômèrent pas pour faire allégeance au MEDEF lors de son université d'été.

Le nouveau président de la République François Hollande, dit le normal ou le batave, et son 1er Ministre, Ayrault poursuivirent sans chômer la même politique que leurs prédécesseurs.

La majorité PS-EELV et la droite approuvèrent ensemble le Pacte budgétaire.

Les fermetures d'usines ne chômèrent pas.

La précarité sociale ne chôma pas grâce à un accord minoritaire entre des syndicats jaunes et le MEDEF.

L'emploi public chôma tout comme l'augmentation du SMIC et du RSA.

Et, malgré des tentatives désespérées en trompe-l'oeil à base d'une pincée d'emplois aidés, la courbe ascendante du chômage ne connu pas le chômage, de même que celle de l'endettement public.

Dans ce contexte politico-économique où la droite ne chômait pas pour critiquer l'application, trop molle à son goût, des dogmes néo-libéraux, le PS par la voix de son 1er secrétaire Harlem Désir accusait le Front de gauche de chômer ostensiblement et bruyamment son soutien au gouvernement Ayrault !

A l'époque, surfant encore sur sa double victoire électorale, le Parti socialiste répétait la sainte parole du président de l'Internationale socialiste, un dénommé Papandreou :

« les sacrifices d'aujourd'hui sont le budget équilibré demain, l'emploi d'après-demain et la prospérité sociale à la Saint-Glinglin. »

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De cette sombre période de régression sociale avant le grand retournement, il faut retenir que l'austérité, le serrage de ceinture, la rigueur, les franchises médicales, les coupures d'électricité, les privatisations des biens publics, les fermetures de maternités et de centres de santé, la flexibilité sociale, les révisions des contrats de travail à la gueule du client, le RSA sous le seuil de pauvreté, le SMIC sous-évalué, le jour de carence, les baisses des cotisations sociales, la taxation des retraites et des mutuelles, le nucléaire, la règle d'or, l'acceptation des licenciements boursiers et du dumping social faisaient consensus entre les forces du socialisme libéral et de la droite sociale... »