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La politique batave qui ressemble à s'y méprendre au sarkozisme, le bling-bling en moins et la vaseline sociétale en plus, déçoit même dans les rangs de celles et ceux qui crurent voter utilement dès le 1er tour en mai dernier.

Le président Hollande qui a conscience de la déception générale a cru rassurer :

« Tout ceux qui veulent m'interpeller peuvent le faire. Je ne crains ni ne redoute rien »

Il a ajouté :

« Ce que je veux c'est une culture du compromis, une culture du dialogue pas une culture du conflit »

Cette déclaration constitue le cœur de la démarche batave, soit la recherche à tout prix du compromis et l'évitement du conflit.

En d'autres termes, le Hollandisme ou le social-libéralisme nie les conflits sociaux et la lutte des classes, en estimant que les intérêts des classes populaires et moyennes sont conciliables (ou se confondent) avec ceux du grand patronat et de l'oligarchie. Autrement dit, cela signifie que le smicard de Renault (75,44 euros brut pour une journée de 8 heures) aurait donc les mêmes intérêts que son patron Carlos Gohsn qui gagne 36.000 euros par jour.

Cette vision d'une société apaisée où tout le monde a les mêmes intérêts est un rideau de fumée qui embrouille les esprits en masquant les conflits de classes et en niant le rapport de forces extrêmement défavorable aux classes populaires et moyennes.

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Par conséquent, Hollande ne tente pas d'inverser ce rapport de forces favorable aux puissants, par exemple en soutenant les salariés et les syndicats en lutte. En niant la réalité du conflit, il maintient l'actuel rapport de forces pour imposer sa politique austéritaire ! De la culture du compromis à tout prix, Hollande tombe dans la compromission...

Ainsi, les réformes sont systématiquement favorables aux puissants : aux salariés, aux chômeurs, aux fonctionnaires, aux retraités de se serrer plus la ceinture et de subir la baisse inexorable de leur niveau de vie. Et à l'oligarchie, une fiscalité sur mesure et des réformes qui protègent davantage leurs intérêts.

Évidemment, la machine à enfumer fonctionne à plein régime : les réformes et les choix sont qualifiés de courageux dans la novlangue néolibérale !

OR :

Qu'y-a-t-il de courageux à faire souffrir encore plus les classes populaires et moyennes ?

Qu'y-a-t-il de courageux à plaire systématiquement aux puissants ?

Qu'y-a-t-il de courageux à obéir aux diktats des instances internationales noyautées par l'oligarchie ?

Qu'y-a-t-il de courageux à se conformer à l'idéologie dominante ?

Qu'y-a-t-il de courageux à rembourser à tout prix une dette en grande partie illégitime ?

Qu'y-a-t-il de courageux à favoriser la régression sociale ?

Sauf, à considérer qu'il est courageux de mener une politique suicidaire économiquement, socialement et politiquement à l'instar de l'Argentine des années 90, de la Grèce de Papandreou, ou de l'Espagne de Zapatero...

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