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« Objet : MES ARRETS DE TRAVAIL

MONSIEUR DES PAS PERDUS

Vous nous avez adressé un avis d'arrêt de travail du 28/02/2013. Il s'agit de votre troisième arrêt au cours des douze derniers mois.

Dans l'éventualité d'un nouvel arrêt de travail dans les prochaines semaines, le Médecin conseil de la CPAM pourra être amené à prendre contact avec votre médecin traitant et vous-même afin d'examiner votre situation et d'apprécier si ces arrêts sont bien une réponse adaptée à votre état de santé.

A titre d'information, je vous rappelle que lorsque votre médecin vous prescrit un arrêt de travail, les règles suivantes doivent être respectées :

  • Envoi, sous 48 heures, des deux premiers volets de l'avis d'arrêt de travail au service du contrôle médical de la CPAM.
  • Présence au domicile entre 9 h et 11 h et entre 14 h et 16 h, y compris le week-end.
  • Réponse aux éventuelles convocations du service médical.
  • Demande d'accord auprès de la caisse d'Assurance Maladie en cas de départ hors du département.

Dans le cas contraire, les indemnités journalières peuvent être réduites ou supprimées.

Vous pouvez retrouver toutes les informations utiles sur les arrêts de travail ainsi que les coordonnées d service médical dont vous dépendez, sur notre site : www.ameli.fr.

Vous avez une question ? N'hésitez pas à contacter un conseiller de l'assurance au 36 46. Il est à votre écoute et vous informera sur vos droits et démarches.

Avec toute mon attention,

Le Directeur Général »

En recevant le courrier ci-dessus, nous avons failli écrire ceci :

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Monsieur le Directeur Général,

Je vous remercie de votre bienveillance et de votre sollicitude à mon égard.

Je vous informe que j'ai toujours respecté les règles que vous croyez utile de me rappeler. D'ailleurs, ce rappel au règlement me semble hors de propos et hors sujet. Il pourrait être qualifié de pression exercée à mon encontre comme si vous me considériez coupable de je ne sais quel forfait, abus ou fraude.

Sachez également que les indemnités journalières sont des droits qui m'appartiennent et que ma classe sociale a acquis de haute lutte.

Aussi, Monsieur le Directeur général, je ne suis pas votre sujet, ni un délinquant mais un travailleur qui cotise sans rechigner et que vous devez respecter et servir.

Par ailleurs, je n'ai pas choisi d'être malade à trois reprises ces douze derniers mois, ni de me faire arrêter. La décision de me placer en arrêt maladie a été prise par mon praticien. N'ayant pas fait le serment d'Hippocrate, je ne puis vous certifier si ladite décision fut adaptée. Je présume que oui puisque je travaille depuis... A moins de considérer que mon médecin n'est pas un bon professionnel, je ne comprends votre menace d'introduire une tierce personne pour évoquer mon état de santé et la réponse "adaptée". Votre démarche me semble malsaine.

Mais, peut-être jugez-vous suspect tout salarié en arrêt de travail pour raisons médicales ?

Peut-être préférez-vous un salarié qui subit jusqu'au suicide le harcèlement moral de sa hiérarchie plutôt qu'un salarié qui se fait soigner par son médecin traitant ? Ou un salarié qui va au boulot malgré une grippe ou une gastro au risque de contaminer tous ses collègues sur l'open-space ?

Par conséquent, si vous rencontrez des soucis de trésorerie, ne gaspillez pas l'argent de l'assurance maladie en adressant de tels courriers à de modestes salariés qui ne demandent qu'à travailler en bonne santé et dans de bonnes conditions. Vous ferez ainsi des économies... Je vous conseille également d'embaucher des agents qui lutteront contre les véritables fraudeurs, les canards boiteux du système de soins et les patrons qui ne déclarent pas leurs salariés ou qui exercent des pressions sur eux en leur interdisant de déclarer les accidents du travail.

Très cordialement

DPP