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Marisol Touraine a déclaré, cet été, qu'elle envisageait d'étendre l’interdiction de fumer ou de vapoter dans certains lieux publics extérieurs, tels que les parcs !

Les médias ont profité de cette aubaine en dissertant sur les méfaits et le coût du tabac – quel scoop ! - pour enterrer les dossiers des retraites, des franchises médicales, de la répression anti-syndicale dans le milieu hospitalier, en particulier là où des suppressions lits ou des fermetures d’établissements sont prévues. Ils n'ont pas non plus évoqué un droit à la santé qui dépend des revenus des patients...

Trente années de libéralisme ont réduit à une peau de chagrin la sécurité sociale. Cette dernière ne remplit plus les missions qui étaient les siennes lors de sa création, au point que le recours à une assurance santé complémentaire est indispensable pour rembourser la différence entre le coût du soin et du médicament et le remboursement de la Sécu. Le droit à la santé pour tous n'existe plus. [1]

A force de tickets modérateurs, de déremboursements de médicaments, de niches fiscales et de baisses des cotisations patronales et sociales, au seul bénéfice des entreprises et de l’oligarchie, la sécurité sociale a vu fondre ses ressources et donc ses moyens et ses services pour les usagers.

Pour masquer leur politique de destruction lente et patiente de la sécurité, les libéraux de tous poils – y compris les roses pâles - et les médias dominants tentent de culpabiliser les usagers sur le fameux trou de la Sécu, alors que ces derniers sont les grands perdants du libéralisme !

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Les usagers sont d’autant plus perdants que la droite a accordé la liberté tarifaire et créé les funestes franchises médicales. Ces dernières sont la négation même du principe de solidarité nationale de l'assurance-maladie, une poll tax qui ne porte pas son nom en imposant aux patients – du patron du CAC40 au chômeur – de s’acquitter de la même somme.

Les franchises médicales rapportent près de 69 millions d’euros, soit une somme dérisoire au regard du cadeau fiscal de 20 milliards d’euros accordé par le gouvernement Ayrault aux entreprises du CAC 40, sans aucune contrepartie en termes d’emplois et d’investissements !

Pour l’anecdote, une part de ce pactole ira directement dans les caisses de Sanofi et de ses gourmands actionnaires alors que cette entreprise pharmaceutique licencie la majeure partie de son personnel et ferme ses laboratoires de recherche sur le territoire français pour dégager encore plus cash pour les susnommés.

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Licenciements + fermeture de sites + délocalisations = chômeurs supplémentaires = cotisations patronales en moins = aggravation du déficit de la sécurité sociale = augmentation du coût des soins et des médicaments pour les citoyen-ne-s.

Et ce, pour des économies de bouts de chandelles qui engendreront à moyen et à long termes de plus importantes dépenses en raison de la dégradation de l’état de santé de la population.

Le gouvernement Ayrault et la ministre de la santé pratiquent une politique de droite qui n'épargnera pas les retraites. Et, comme par hasard, selon les experts officiels, il manquerait 20 milliards d’euros pour « sauver » les retraites ! Bizarre, c'est exactement la même somme que le cadeau fiscal précité !

Mais plutôt que de réserver ces 20 milliards d’euros pour assurer l'avenir du système des retraites, voire même pour abroger les réformes depuis Balladur, les sinistres qui nous gouvernent, dont Marisol Touraine, ont l'intention d'allonger la durée des cotisations, ce qui signifie – dans le contexte de précarité sociale et de dégradations des conditions de travail et sanitaires – une augmentation importante du nombre de retraités pauvres et en mauvaise santé.

Décidément, Hollande, Ayrault, Montebourg, Touraine, et toute la clique,ce n'est plus le renoncement mais la trahison des idéaux de gauche...

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Note

[1] Les mutuelles, permettez cet aparté, n’ont hélas plus grand chose de mutualiste, en termes de démocratie interne et de solidarité, puisqu’elles reproduisent le « modèle libéral » en proposant différentes formules dont les services sont proportionnels au prix acquitté par l’assuré.