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C'est dans ce contexte idéologique que la réforme des retraites du pouvoir PS-EELV fixe la durée de cotisation à 43 années pour une retraite à taux plein pour les travailleurs du privé et du public, à l'exception de ceux qui rempliront certaines conditions de pénibilité.

Pour bénéficier de la retraite à 60 ans avec une pension complète, ce sera mission impossible à moins d'une part de travailler sans interruption, d'autre part à temps complet durant 43 ans, et enfin de commencer sa vie active dès l'âge de 17 ans : ces conditions excessives révèlent combien le pouvoir PS-EELV encourage la jeunesse à faire des études... et condamne les futurs retraités à une retraite de misère, sauf si ces derniers peuvent cotiser auprès des assurances privées pour compléter leur retraite !

Dans ce cadre, les plus naïfs espéraient que la pénibilité serait pleinement reconnue, et qu'ainsi les travailleurs, exposés à des conditions de travail particulièrement pénibles, partiraient à la retraite plus tôt que les autres.

Or, la réforme ne prend pas en compte toutes les formes de pénibilité et limite drastiquement le nombre de points. Pour la petite histoire personnelle, ayant bossé 3 ans et demi dans un centre de tri, à plus de 80% en travail de nuit, en station debout, à trier des lettres et des colis, à porter des sacs de courriers, à vider et à charger des camions et des containers de 20 heures à 6 heures du matin, je ne sais si ces différentes expositions à la pénibilité écourteront un peu ma vie active... Je ne sais pas non plus si le fait de bosser dès 6h30 du matin pour effectuer les mêmes tâches durant près de 7 ans sera également reconnu... Ce que je sais c'est qu'autour de moi, règnent l'incertitude et le pessimisme le plus noir !

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Dans cette réforme de régression sociale, le pouvoir en place a imaginé une usine à gaz qui prévoit l'acquisition individuelle de points. Or, un travailleur ne pourra pas cumuler plus de 100 points ! 10 points ne valant qu'un seul trimestre de cotisations et dans la limite de 100 points, cela signifie qu'un travailleur particulièrement exposé à des conditions extrêmes de pénibilité partira avec une retraite à taux plein 30 mois plus tôt que les autres, soit 2 ans et 6 mois...

En clair, un travailleur ayant cumulé 100 points devra cotiser 40 années et 6 mois pour bénéficier d'une retraite à taux plein au lieu de 43 années. Ces 30 mois sont loin de combler les écarts de l'espérance de vie des salariés suivants leurs professions.[1]

Par conséquent, CETTE RÉFORME NE RECONNAÎT PAS LA PÉNIBILITÉ. Le travailleur le plus exposé à la pénibilité ne pourra pas prendre sa retraite avant 60 ans, ni même à 60 ans avec une pension complète : il partira même plus tard grâce au pouvoir PS-EELV !

De plus, elle ouvre une brèche dans le principe de solidarité nationale, clef de voûte de la retraite à répartition, en instituant d'une part un système de points individualisés, et d'autre part en incitant les travailleurs (qui le peuvent) à cotiser auprès des assurances privées pour compléter leur retraite de misère.

Enfin, il ressort que l'effort "pour sauver" les retraites reposera exclusivement sur les travailleurs comme n'a pas manqué de le préciser le ministre de l'économie ! [2] En l'occurrence, le pouvoir PS-EELV favorise le Capital, autrement dit les intérêts du patronat et de l'oligarchie, au détriment du travail en cassant un peu plus le mécanisme de solidarité nationale et de redistribution des richesses.

Il s'agit, ni plus ni moins, d'une forme de privatisation rampante des retraites entreprise par Balladur, poursuivie par Sarkozy et confirmée par Hollande. Ces deux derniers et leurs majorités respectives, tristes marionnettes des marchés financiers, n'avaient pas été élus pour faire ces réformes, mais les institutions de la Cinquième République permettent ce genre de forfaits en toute irresponsabilité politique...

Pour toutes ces raisons, manifestons le 10 septembre prochain !

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