D'ailleurs, les médias dominants se réjouissent également. Ils ont bien pris garde de n'accorder la moindre de ligne aux syndicats qui refusent cette nouvelle régression sociale : leurs limites en matière de pluralisme et d'objectivité pour éclairer leur lectorat sont assez vites atteintes !

fermeture2612014.jpg

Les habituelles organisations qui accompagnent la régression sociale sous prétexte de réformisme et de modernité ont, une fois de plus, signé. Depuis 30 ans, chaque accord conclu se traduit quasiment systématiquement par un net recul social et par une infinitésimale avancée positive pour les salariés qui sert de prétexte à ces "syndicats" pour apposer leur signature.

En l'espèce, les engagements de la Fédération des magasins de bricolage (FMB), qui regroupe la plupart des enseignes du secteur a pris les engagements, sont les suivants (avec mes commentaires entre parenthèses) :

  • 178 magasins de bricolage ouvriront le dimanche (les médias dominants tentent de relativiser en affirmant que ça ne concerne principalement que les salariés franciliens...);
  • la garantie du volontariat assortie du droit au refus sans discrimination ni sanction (la foultitude de temps partiels et de bas salaires dans ce secteur devraient favoriser le volontariat...);
  • le droit d'arrêter de travailler le dimanche avec un préavis de un mois (pour croire au respect du volontariat et du droit de ne pas ou plus l'être, il faut faire abstraction de la pression hiérarchique et de l'absence de structure syndicale forte : étonnant pour des "syndicats", non ?);
  • la garantie de 12 dimanches par an non travaillés (soit près d'un dimanche chômé sur cinq...);
  • le doublement au minimum de la rémunération (une donnée qui devrait favoriser le volontariat) ;
  • l'attribution d'un repos compensateur complété par la création d'un crédit temps supplémentaire de repos (avec le doublement de la renumérotation ?).

fermeture26012014.jpg

En l'espèce, les concessions obtenues par les organisations signataires me paraissent bien maigres. Elles n'ont même pas obtenu la prise en charge des gardes d'enfants, ni même le remboursement des frais de transport.

De plus, elles n'ont même pas essayé d'élargir les termes de l'accord en négociant sur les salaires ou les conditions de travail pour les autres jours de la semaine alors que c'était l'occasion rêvée de mettre la pression sur le patronat !

Enfin, il faut être d'une naïveté partuculièrement complaisante pour croire que le patronat respectera cet accord alors qu'il n'a cessé de bafouer la législation et la réglementation relatives au respect du repos dominical. Et pour croire également que les pouvoirs publics interviendront vigoureusement pour punir ceux qui l'enfreindront !

Cet accord n'est qu'un marché de dupes qui permet aux uns le droit d'exploiter plus leurs salariés et aux autres probablement des moyens supplémentaires en termes de gestion paritaire, voire des facilités diverses et variées de fonctionnement, quant aux salariés, ils sont les dindons de cette farce !

En définitive, la drauche au pouvoir pourra utiliser cette méthode pour étendre la banalisation du travail dominical en demandant à ces "syndicats" de se salir les mains à sa place...