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En d'autres termes, les cellules marxistes ou keynésiennes, voire fouriéristes ou bakouniennes du patient sont infectées, puis détruites par le virus du Zapatero. Après quelques mandats, quelques mois au gouvernement ou années au sein d'un parti social-libéral, genre PS, PASOK, PSOE, New labour, parti démocrate ou SPD, le sujet perd l'ensemble de ses défenses immunitaires de conscience de classe contre la pensée unique néolibérale. Il n'est ni inconscient, ni naïf, ni sournois, ni hypocrite : c'est un malade qui s'ignore, du genre Alzheimer, sauf qu'il est conscient du présent, mais sa pensée est formatée pour servir les intérêts de l'oligarchie.

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Le syndrome Papandreou se manifeste chez un gouvernement officiellement étiqueté à gauche mais qui mène une politique austéritaire de droite - désolé pour le pléonasme - à base de réformes de régression sociale et de casse des services publics et de protection sociale, de coupes budgétaires, de respect de la règle d'or, de suspicion à l'encontre des assurés sociaux et des chômeurs, du mépris des classes populaires, voire moyennes qui selon eux ne comprennent rien ! Et, de cadeaux au Capital, sous forme de niches fiscales et d'allègements de cotisations sociales, sans aucune contrepartie, ni contrôle.

Le syndrome Papandreou est extrêmement contagieux. Toutes les institutions de l'UE et des pays membres en sont malades au dernier stade. Il semblerait que le système médiatique favorise la propagation du virus Zapatero à coups de faux débats avec des éditocrates qui partagent les mêmes idées, de favoritisme pour le PS, l'UMP et le FN, d'experts en économie néolibérale, d'économistes de marché surpayés par des multinationales, d'intellectuels médiatiques, de sondages bidons, d'interviews complaisantes pour les membres des partis précités, et de censure et de dénigrement systématique à l'encontre de la gauche radicale. Parallèlement, les mass médias font preuve d'une complaisance à toute épreuve pour le patronat et l'extrême droite.

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Les membres des gouvernements atteints par le syndrome Papandreou emploient un vocabulaire extrêmement limité. Ils abusent de formules maintes fois rabâchées, le plus souvent, sous forme d'oxymores pour embrouiller les gens, telles que croissance verte, inverser la courbe du chômage, faire des efforts, améliorer la compétitivité, réduire la dette, faire des économies, une bonne gouvernance, un euro fort, redonner confiance aux marchés, baisser les charges, trop de fonctionnaires, les bienfaits de la mondialisation, l'actionnariat populaire, le SMIC handicape les entreprises et favorise le chômage, tout est possible, prendre exemple sur le modèle Bidule, modernité, le changement c'est maintenant, la finance est mon ennemie, faire de la pédagogie, égalité des chances, se reconvertir, l'euro protecteur, le vote utile, gare au populisme et aux extrêmes, l'Europe sociale ou il n'y a pas d'autre politique possible.

Hélas, le syndrome Papandreou provoque des effets secondaires dévastateurs, tels que l'accroissement des inégalités sociales et de la mauvaise redistribution des richesses, le chômage et la précarité de masse, les délocalisations et la désindustrialisation, le harcèlement moral, les suicides des salariés, les accidents du travail, les travailleurs détachés, les minimas sociaux sous le seuil de pauvreté, des bas salaires tirés vers le bas, le dumping social, les expulsions de logements, la misère et les SDF.

De surcroit, le syndrome Papandreou développe ses propres anticorps contre toute velléité de changement politique et d'alternative politique en favorisant l'émergence de l'extrême droite. il a été démontré que les nationalistes aident le virus Zapatero à se propager et à protéger ainsi les intérêts de l'oligarchie. D'ailleurs, les leaders des mouvements d'extrême droite sont généralement eux-mêmes issus des rangs de l'oligarchie, comme Marine Le Pen. Ainsi, l'extrême droite recycle une partie des thèmes qui appartiennent à la gauche radicale - le fameux discours social de l'extrême droite - pour embrouiller et pour diviser les classes populaires et moyennes. A noter que les sujets atteints par le syndrome Papandreou tombent dans le relativisme historique, s'employant à donner une image respectable de l'extrême droite en dénigrant systématiquement le programme et les représentants de la gauche radicale. Au pouvoir, ils n'hésitent pas non plus à légitimer et à banaliser l'idéologie de l'extrême droite en ostracisant tour à tour les immigrés, les pauvres, les chômeurs...

Au vu des dégâts considérables du syndrome Papandreou, les perspectives d'avenir sont pour le moins sombres, voire brunes avec des reflets de vert de gris. Néanmoins, nos équipes de chercheurs ont redécouvert un antivirus particulièrement efficace qui a déjà fait ses preuves : la gauche radicale.

Au lendemain de la trahison du gouvernement Valls qui a finalement accepté de se plier, ici et maintenant, à la funeste règle d'or, moins d'une semaine après son discours de politique générale, il appartient à chacun de nous de favoriser l'émergence de la gauche radicale en votant pour les listes qui soutiennent la candidature d'Alexis Tsipras, le porte-parole de SYRIZA, au parlement européen.

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