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Toute cette tripotée d'assité-e-s de la politique qui vit grassement à nos crochets, j'allais dire grâce à nos impôts directs et indirects, n'a qu'un seul objectif : la destruction des droits sociaux, acquis de haute lutte par le mouvement ouvrier.

Ils enrobent leur discours de divers prétextes et leurres selon la mode du moment - compétitivité, dette, investissements, recherche, concurrence libre et non faussée, libre-échange, mondialisation, Union européenne - pour assécher les finances publiques, pour détruire les services publics et la sécurité sociale qui constituent des mécanismes de redistribution à destination des plus modestes, et bien entendu pour réduire le droit du travail pour permettre au patronat d'exploiter encore plus la population active !

Les politiques conduites par l'UMP et le PS, sans trop d'à-coups depuis plus de 20 ans, ne favorisent que le grand patronat et l'oligarchie, et au final la finance et la rente. Elles permettent aux puissants et aux riches d'être encore plus puissants et riches. Les patrons exilés fiscaux ont pignon sur rue, les fraudeurs fiscaux peu inquiétés, et les patrons délinquants reçoivent même les honneurs de la République !

Le PS et l'UMP peuvent compter sur l'omniprésence des médias dominants aux mains de la finance pour laver les cerveaux, pour empêcher toute contestation de masse, pour asséner le discours néolibéral, et pour enfumer. Les médias sont passés maîtres pour relayer l'idéologie dominante, assurer le service après-vente des gouvernants en désignant à la vindicte médiatique tel chômeur, tel immigré, tel fonctionnaire, tel salarié pour diviser les masses.

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S'en prendre aux "petits" fait partie du discours médiatique objectif, neutre et indépendant. Par contre, si une formation politique dénonce le patronat, la corruption, la politique de classe des gouvernants, et revendique la justice sociale, les mêmes médias crient à l'extrémisme ! C'est d'ailleurs une des raisons de la complaisance médiatique à l'égard du FN qui, au-delà de ses déclarations faussement sociales et de son discours économique nationaliste, protège le Capital dans sa volonté de rembourser la dette...

Les dominants n'oublient pas non plus le syndicaliste, le manifestant, le gréviste qui devient à leurs yeux un maudit conservateur, un ennemi de la modernité, empêchant la France de transposer, selon les modes, le modèle irlandais du dumping fiscal, le modèle japonais pourri par la mafia, le modèle espagnol du tous propriétaires immobiliers dopé par le trafic de drogue, le modèle anglais corrompu par la finance.

Et aujourd'hui, du Monde au Figaro en passant par Libération, Valeurs actuelles et le Nouvel Observateur, de l'UMP au PS en passant par le Centre, tous affirment qu'il faut se mettre au modèle allemand du dumping social, au demeurant en déclin comme les précédents ! Le cynisme des dominants est sans limite pour favoriser le Capital.

Dans ce contexte en 2012, la double victoire "socialiste" aurait pu modifier un peu la donne, même si le programme du candidat Hollande était bien maigre et bien léger. Au soir des législatives, le "PS" a tourné le dos à ses promesses si ténues, faisant semblant de découvrir l'endettement public, les délocalisations, le manque de compétitivité et d'investissements. Il a donc décidé d'appliquer les même recettes néolibérales que l'UMP, et, de surcroît la même politique guerrière que Sarkozy ! Et pour couronner le tout, Hollande a la même pratique des institutions de la République que son prédécesseur.

Pendant deux ans et demi, les "socialistes" qui avaient tous les pouvoirs, du Sénat à l'Assemblée nationale, des conseils généraux aux conseils régionaux, n'ont même pas tenté de mener une politique de gauche, démontrant ainsi que le vote utile désigne des élus "socialistes" inutiles aux classes populaires et moyennes. Députés "socialistes" frondeurs inclus jusqu'à présent.

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Le PS s'est glissé dans le moule austéritaire, décrété à Bruxelles, en adoptant illico presto le TSCG, l'ANI, le CICE, la réforme des retraites, le sabordage de toute réforme fiscale, l'augmentation de la TVA, l’ersatz de réforme bancaire, la réforme des retraites et celle des allocations familiales, les fameuses coupes budgétaires qui ne sont pas des économies mais des cadeaux déguisés au MEDEF. Et bientôt le CETA et le grand marché transatlantique privilégier les multinationales au détriment de la santé, de l'environnement et de la souveraineté populaire.

Cette trahison du "PS" qui a aggravé le quotidien des classes populaires et moyennes, s'accompagne du déshonneur de comportements individuels que le civisme désapprouve et parfois la loi punit. Des actes si peu isolés qu'ils font masse, voire système. Cahuzac, Morelle, Thévenoud, Le Guen, Cambadelis, Andieux, Guérini : liste non exhaustive, en cours ! A force de se soumettre à l'idéologie néolibérale, certains "socialistes" en ont adopté les us et coutumes qui se caractérisent par la primauté de l'intérêt particulier sur l'intérêt général, de la carrière sur le collectif, de la fortune individuelle sur l'impôt sur le revenu.

Pour ces politiciens, les souffrances sociales ne comptent pas... Chômage, pauvreté, non respect du droit au logement, inégalités sociales qui handicapent dès la naissance, abus patronaux, pollution qui frappe d'abord les plus modestes, fin des monopoles publics qui assuraient des tarifs modiques ? Ils se félicitent que les dividendes explosent ! Que la France compte en proportion le plus de millionnaires !

Cette politique n'est ni volontariste, ni courageuse, elle est mensonges et trahisons. Et soumission aux puissances de l'argent.

Les réformes s'attachent à casser la redistribution des richesses. A voler le peuple et à donner des milliards d'euros aux puissants. En d'autres termes, les économies dites budgétaires sont autant de milliards d'euros qui ne vont plus au peuple. Pas étonnant dès lors que les objectifs officiels comme la réduction de la dette ou du chômage ne sont JAMAIS atteints. Pas étonnant non plus que le peuple se désintéresse des élections ou vote par dépit pour l'extrême droite.

Puisque le "PS" s'entête à mener une politique de droite, qui pourrait éclairer cette nuit austéritaire où est tapie l'extrême droite ?

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