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Le chef de la junte commission européenne a notamment déclaré :

« J'aimerais que la Grèce soit gouvernée par des gens qui aient un regard et un cœur pour les pauvres gens en Grèce - et ces pauvres gens sont nombreux -, mais aussi qui comprennent la nécessité des processus européens »

En clair, le sieur Juncker - politicien à la fibre sociale pour les capitaux étrangers (grecs) réfugiés au Luxembourg - souhaite que les grecs n'arrêtent pas "les processus européens"...

Il est vrai que les résultats desdits processus sont intéressants :

  • la dette publique grecque représente plus de 175 % du PIB contre 110 % en 2009.
  • le taux de chômage est passé de 10 % à plus de 25 % de la population, et à près de 60 % chez les jeunes.
  • l'économie s'est effondrée (chute de 25 % du PIB depuis 2009).

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  • les investissements ont chuté de 63,5%.
  • la compétitivité du pays baisse (de la 67ème place à la 81ème place).
  • le salaire minimum a été réduit de 22 % .
  • 3 500 fonctionnaires ont été licenciés et 20 000 agents sont au chômage partiel forcé.
  • le démantèlement de la santé publique est en cours.
  • la crise alimentaire sévit.
  • les jeunes actifs diplômés partent à l'étranger.
  • des mines d'or sont exploitées au mépris de la population et des règles environnementales.

A l'analyse de ces brillants résultats, Pierre Moscovici qui a le "socialisme" chevillé au corps, a déclaré :

« Ce dont nous avons besoin maintenant, c'est de terminer le programme en cours (...) et je suis persuadé qu'en restant proche les uns des autres, nous pouvons y arriver »

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Parce que, ATTENTION, a souligné Pierrot le fou :

« L'idée d'envisager de ne pas rembourser une dette énorme est suicidaire. Ce n'est pas possible, ça signifierait faire défaut et c'est ce que nous avons cherché à éviter pendant des années »

Comment Moscovici peut-il tenir de tels propos au regard du bilan catastrophique de la politique austéritaire qui a été conduite pour réduire la dette publique grecque ?

Aveuglement ? Fanatisme néolibéral ? Délirium tremens ? Bêtise aggravée ? Corruption ?

Parce que, contrairement aux affirmations des médias dominants, des politiciens conservateurs ou "socialistes" à la Moscovici, le remboursement d'une dette publique énorme est une aberration.

D'une part, ce remboursement ne profite ni au pays ni au peuple, mais seulement à une poignée de rentiers et d'institutions financières qui disposent ainsi de revenus réguliers à durée indéterminée, bien supérieurs aux prêts initialement accordés.

D'autre part, une dette publique énorme ne peut être que le fruit de la corruption politico-économique. Non seulement, le peuple n'a jamais "profité" de la dette, mais en plus il en paie un prix exorbitant. Par conséquent, la dette (en totalité ou en partie) est illégitime, voire odieuse. Donc non remboursable !

Enfin, jamais un pays n'a remboursé totalement ses dettes. Prétendre le contraire, comme Moscovici, est politiquement et intellectuellement malhonnête, et socialement criminel.

Aussi, quand des politiciens du calibre de Moscovici ou de Juncker recourent à de tels arguments pour défendre l'indéfendable, ça prouve que le capitalisme dans sa version néolibérale, tel qu'il est incarné par l'UE, est mal en point.

L'interventionnisme de la junte commission européenne révèle combien l'Union européenne est fragile : même la démocratie (bourgeoise) l'effraie ! A coup sûr, la prochaine victoire d'une force de transformation sociale comme SYRIZA ou PODEMOS et la mise en œuvre d'une vraie politique alternative lui porteront un coup fatal.

Après tout, ce ne serait pas la première fois que l'aveuglement et la servilité des politiciens dévoient une belle idée et précipitent leurs propres chutes...

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