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Les chiens de garde du système - éditocrates, journalistes carriéristes et blogueurs de gouvernement - usent généralement de cette formule tellement rabâchée et accommodée à toutes les sauces qu'elle prend à leurs yeux la valeur d'une vérité absolue...

« Les extrêmes se rejoignent. »

Elle sous-entend que le Front de gauche et le Front national, c'est la même chose à quelques variantes près. Les médias dominants qui appartiennent ou qui sont financés par des multinationales ou par la caste des oligarques tels que Dassault, Rothschild, Pigasse, Berger, Niels et consorts (oui, la finance a des noms...) ont inventé cette formule qui leur permet à la fois d'ostraciser la gauche radicale et d'avorter toute tentative de débat portant sur le programme du Front de gauche.

Or, cette formule est un mensonge. Historiquement et idéologiquement, tout sépare le FDG et le FN :

Le Front de gauche a une filiation directe avec la Révolution et les lumières, le mouvement ouvrier et la Résistance, la décolonisation et le féminisme, l'égalité des droits et la lutte antiraciste, la laïcité et la liberté d'expression, et plus globalement la République sociale.

Le Front national est l'héritier des mouvements de l'extrême droite française antirépublicaine, l'antisémitisme traditionnel a été remplacé par l'immigré bouc émissaire, de préférence de confession musulmane. Sinon, le reste est immuable: la peine de mort, la famille traditionnelle, le catholicisme intégriste, l'anti-avortement, l'anti-syndicalisme, l'antiparlementarisme et l’anti-républicanisme repeints en anti-système, le militarisme, le darwinisme social, l'attachement au capitalisme, et la proximité ou l'appartenance à l'oligarchie.

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De surcroît, les trajectoires et les combats militants ne se sont jamais rejoints, mais opposés !

Le FDG compte des organisations comme le PCF dont les militants ont été résistants, ministres de divers gouvernements du Front populaire à la Libération et jusqu'à Jospin, participant directement à la création de la Sécurité sociale ou des 35 h, tandis que le Front National a quelques fondateurs condamnés à la Libération pour des faits de Collaboration avec l'occupant nazi ou le gouvernement de Vichy, et des anciens de l'OAS.

Bref, d'un côté, un mouvement politique qui a toujours lutté pour les libertés et l'égalité sociale avec une vision de la France en mouvement pour poursuivre l’œuvre de la Révolution, et de l'autre, une extrême droite qui a toujours défendu l'image fantasmagorique d'une France figée, idéalisée, éternelle qui serait en passe d'être souillée par des apports extérieurs.

Par conséquent, celles et ceux qui affirment que « Les extrêmes se rejoignent » sont intellectuellement ignares ou malhonnêtes. Pire, ils participent avec le FN à l'enfumage du débat public.

Dans sa stratégie de conquête du pouvoir, Marine Le Pen a compris qu'elle devait brouiller les cartes afin que le FN ne soit plus considéré comme un parti d'extrême droite, ni diabolisé. Ce faisant, elle a volé quelques mesures sociales à la gauche, effacé le volet le plus ultra-libéral de son programme, recruté quelques énarques dans les rangs de la droite classique, éloigné les militants à crânes rasés archétypes des caricatures de fascistes et, tout récemment, elle a même poussé l'opportunisme et le cynisme jusqu'à souhaiter la victoire de Syriza !

La formule « Les extrêmes se rejoignent » profite au Front national, mais aussi à l'oligarchie et aux partis austéritaires, UMP et PS, pour qui la présence du FN, depuis trente ans, représente à la fois la garantie d'une alternance pépère et la continuité de la politique économique et sociale.

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