poing.jpg

Des oligarques socialistes retournant leur veste pour s'approprier la victoire de Syriza alors que quelques mois auparavant, pas un n'avait dénié daigné rencontrer Alexis Tsipras. Le PASOK, parti frère du PS, tombé à moins de 5 %, peut témoigner que la camaraderie est un vain mot chez les sociaux-démocrates de Solférino Et, je ne mentionnerai pas les blogueurs de gouvernement, rose de jalousie et de rage, qui constatent qu'une force de gauche de la gauche peut gouverner sans renier ses idéaux.

Ensuite, au 20 heures de France 2, la prestation inouïe d'un Lenglet avouant que heu, hé hé, bien, quoi, c'est-à-dire que l'austérité, ça ne fonctionne pas toujours, voire jamais pour résoudre les problèmes des finances publiques, et que finalement la relance sociale promue par Syriza pour relancer l'économie n'est pas si irréaliste que ça...

Enfin, la plupart des éditocrates ont préféré soit botter en touche en tapant sur Mélenchon, exercice habituel pour dénigrer sa personne et la gauche radicale française, soit démontrer que Tsipras trahira le peuple grec, TINA oblige, parce que heu, hé hé, entre nous, hein, c'est une marionnette social-démocrate le gars de Syriza, oui oui je vous assure...

Tous ces signes d'affolement sont rassurants. D'ailleurs, j'ai failli oublier les gesticulations d'une agence de notation - bras armé de la finance - qui menace la Grèce de dégrader sa note : c'est tordant, non ?

tweet.jpg

Les premières décisions du gouvernement grec montrent qu'il ne se laisse pas impressionner, ni influencer par les pressions extérieures.

Il y a d'abord des gestes hautement symboliques comme la cérémonie d'investiture laïque, une première, et le dépôt d'une gerbe de roses rouges à la mémoire des 200 résistants communistes exécutés par l'occupant nazi allemand.

Il y a ensuite des décisions politiques courageuses de gauche comme la réintégration de milliers de fonctionnaires, la hausse substantielle des pensions de retraites et du salaire minimum, le rétablissement des conventions collectives et la limitation des licenciements collectifs, l'arrêt des privatisations, et l'objectif de mettre un terme à la crise alimentaire..

Enfin, il y a le refus de s'allier à des forces politiques qui ont collaboré avec la troïka, de suivre sa propre politique diplomatique indépendamment des Etats-Unis, ou de nommer des activistes et trois économistes anti austérité, notamment Yannis Varoufakis dont les positions sur le remboursement de la dette et sur l'UE sont particulièrement fermes et décoiffantes :

« cette crise n'est pas qu'une crise « grecque », c'est aussi une crise européenne. Si la Grèce n'avait pas été dans la zone euro, elle n'en serait pas là. Sans doute serait-elle aussi en difficulté, mais pas à ce point. Si la France se trouve elle-même dans une impasse, en raison de sa dette et de sa situation politique et sociale, elle le doit aussi à l'organisation actuelle de la zone euro. »

Tous ces éléments sont conformes aux déclarations de Tsipras :

« Nous sommes un gouvernement de salut national (...)  Notre gouvernement est le gouvernement d’une nouvelle ère. Nous procéderons avec fermeté et assurance, nous privilégierons le dialogue et le consensus social, mais sans aucune compromission »

Je crois que c'est clair.

Tsipras est un homme politique d'une autre dimension que François Hollande. L'un fait de la politique, prêt à des compromis acceptables sans renoncer à ses engagements pris devant son peuple, l'autre est un enfumeur et un opportuniste qui est tombé, dès le lendemain de sa prise de fonctions, dans toutes les compromissions comme en témoignent tous les réformes de régression sociale jusqu'au projet de loi Macron.

L'Humain d'abord !

la_gauche.png