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Derrière les chiffres du chômage et les divers types de contrats de travail, qu'est-ce-qui se cache derrière cette réalité de précarité sociale qui devient la norme, au fil des lois de régression sociale et de l'austérité ? Des femmes et des hommes en souffrance, sans espoir de promotion sociale, de salaires décents et de vie meilleure.

Dans une enquête Au centre commercial d'Evry, « carrefour de l'exploitation », Médiapart est allé enquêter dans l'un des plus importants centres commerciaux à la rencontre des salariés.

Ces derniers peignent un monde du travail profondément inégalitaire et violent où le patron dispose de tous les pouvoirs pour promouvoir -ou pas - son salarié, le contraindre à des horaires atypiques, lui imposer un contrat à temps non complet, le sous-payer par rapport à ses responsabilités et à ses compétences, et bien entendu le recruter ou le virer...

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Dans ce contexte de domination patronale, le volontariat ne peut exister comme le souligne un salarié, tant l'inspection du travail est démunie et le respect des droits tourne aux brimades patronales, tant le chômage menace et les salaires bas :

Le volontariat, ça n’existe pas dans notre société. C’est ce que le patronat fait croire aux politiques. » Il n’a même jamais choisi son planning depuis qu’il a réussi à entrer sur le marché du travail et à s’extraire du chômage. Son contrat, c’est être disponible, flexible, journée, soir, jour férié, week-end, 151 heures par mois. « Quand tu signes, on te fait comprendre que tu signes pour être volontaire. Tu peux pas dire non ou tu te grilles. »

Et deux autres d'ajouter :

« Quand on travaille déjà toute la semaine, y compris en soirée, ce n’est pas compatible. On n’a plus de vie personnelle. » (...) «Nos familles sont suffisamment explosées comme cela. Qu’on nous laisse nos dimanches avec nos enfants »

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Qu'ajouter de plus, sinon que la loi Macron va dégrader les conditions de vie et de travail en accordant plus de pouvoirs au patronat ? Et ce, sans relancer la consommation, ni l'activité économique :

« Le jeudi, il y a une nocturne et il n’y a personne à partir de 19 heures. Les gens n’ont pas de fric. C’est la crise. La clientèle, ce n’est pas les Chinois des Champs-Élysées mais des mamas africaines et rebeues qui demandent à payer en plusieurs fois en espèces une paire de chaussures à 20 euros et qui sont à découvert à partir du quinze du mois. Les classes moyennes des alentours, elles, viennent entre midi et deux la semaine, pas le dimanche. »

C'est la crise, ou plutôt c'est le règne de la dérégulation sociale en cours mise en œuvre par des politiciens néolibéraux de la droite et de la social-démocratie dont le dogmatisme idéologique rappelle celui des staliniens en leur temps. C'est la précarité voulue et imposée par une caste dirigeante pour mettre au pas la population active.

Leurs réformes ne visent nullement à atteindre les objectifs officiels, en particulier favoriser les créations d'emplois. D'ailleurs, dans cette loi fourre-tout, il y a des dispositions relatives au permis de conduire. Plutôt que d'ouvrir des concours pour recruter des inspecteurs, Macron désire embaucher par intermittence des retraités et des fonctionnaires en poste comme le dénonce le blogueur Dalipas, senior au chômage:

« Et pendant ce temps j’entends que ce gouvernement envisage de demander à des fonctionnaires de venir en renfort pour faire passer le permis de conduire ! Il ne leur viendrait pas à l’idée de former des seniors et ainsi de les sortir de cette condition de chômeurs exclus pour cela ? Pour cette mission comme pour d’autres ? Mais quelle bande de crétins endimanchés ! »

Pas des crétins, seulement des cyniques qui confondent sciemment l'intérêt général et l'intérêt d'une oligarchie dont ils font partie...

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