Hasard heureux du calendrier ( ! ), l'annonce de son départ coïncide avec la publication de son livre, "Ecologie ou gauchisme, il faut choisir".

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François Goullet De Rugy (FDR) est de ces écologistes qui soutiennent à fond la politique de François Hollande. La citation suivante est édifiante :

« Lorsque je consulte la liste des engagements du chef de l’Etat, je suis frappé en constatant à quel point la majorité de ces propositions s’est transformée en loi, alors qu’il reste près de deux ans de mandat. Malgré cela, se sont installées dans l’opinion les thématiques de la trahison, du reniement des engagements de campagne, en un mot du mensonge »

Logiquement, FDR a voté l'essentiel des textes proposés par les gouvernements dits socialistes, du pacte de compétitivité au pacte de responsabilité, de la loi Macron à la loi sur le renseignement, ou celle portant sur la pseudo transition énergétique.

A ceux qui critiquent le bilan écologique de Hollande, il répond que la responsabilité est imputable aux écolos qui n'ont pas voulu mettre les mains dans le cambouis ! L'analyse ne va pas plus loin, elle se fige dans la posture : quid de la croissance économique avec les ressources naturelles limitées, quid de la démocratie dans la Vème République et au sein de l'UE, quid des moyens et des acteurs de la transition énergétique, quid du capitalisme qui incite à surconsommer et à surproduire n'importe quoi n'importe comment dans les pires conditions sociales et environnementales, quid du mode de vie de l'oligarchie ? Que dalle !

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Sa vision de l'écologie politique est indéfectiblement liée au parti socialiste.

Aussi, n'a-t-il jamais digéré la décision de Cécile Duflot et de Didier Canfin de ne pas participer au gouvernement Valls.

Les alliances EELV - Front de gauche aux prochaines élections régionales ont donc provoqué son départ qu'il ne cessait d'annoncer et de reporter. Un départ qui acte une vraie rupture.

Une rupture entre les uns qui considèrent que l'écologie est un élément incontournable du débat politique, au sens où elle doit contribuer au changement du système économique et social pour en finir à la fois avec le productivisme, la surconsommation, les inégalités sociales, et les autres (FDR, Pompili, Placé & co) qui réduisent l'écologie à un label ou à une caution environnementale à la politique ultralibérale, productiviste et sécuritaire de Hollande.

Si les premiers ne peuvent s'allier à un PS inféodé à l'idéologie ultralibérale et complice des inégalités sociales et des destructions environnementales, les seconds estiment que l'alliance avec le PS leur permet de faire avancer à petits pas la cause écolo, et surtout... de bénéficier de placards dorés, de mandats électoraux, ou de places de collaborateurs dans les collectivités locales.

D'ailleurs, FDR a passé l'ensemble de sa carrière professionnelle dans le milieu politique, d'abord au sein d'un groupe parlementaire, ensuite en qualité d'élu local auprès de Jean-Marc Ayrault, et puis, de député dans une circonscription où le PS ne lui a pas opposé de candidat.

En fin de compte, l'écologie de FDR reflète sa trajectoire professionnelle, privilégiée, conformiste et consensuelle avec les dominants...

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