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Ils, le parti socialiste et les gouvernements de François Hollande. Nous, cette gauche dite radicale qui avait obtenu 11% des voix en 2012.

En 2012, Jean-Luc Mélenchon avait appelé à faire barrage à Nicolas Sarkozy. Hollande s'était engagé à amnistier les travailleurs et les syndicalistes poursuivis par la justice ou condamnés. Nous étions 4 millions de citoyen-ne-s sans qui le PS n'aurait jamais gagné.

Non seulement, le capitaine de pédalo ne respecta pas sa parole, mais jamais les salariés n'auront été autant attaqués, dénigrés, méprisés, maltraités et poursuivis que sous le quinquennat de Hollande.

À cette heure, me revient en mémoire le film savamment préparé de la chemise déchirée du DRH d'Air France. Une manipulation médiatique grossière pour déconsidérer le syndicalisme de classe et imposer un énième plan social et des milliers de licenciements au nom de TINA, parce que ces cyniques-là présentent la mondialisation et le libre-échange comme des faits apolitiques qui relèvent quasiment de phénomènes naturels comme la météo. Egalement, je n'oublie pas ces syndicalistes interpellés chez eux au petit matin devant leurs enfants, leur conjoint-e et leurs voisins comme s'ils étaient des terroristes et constituaient une menace pour la sécurité​ publique. Pareillement, la condamnation des Goodyear !

Il me revient aussi cette politique au service de la caste oligarchique.

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Au nom du sérieux budgétaire et de la dette publique, il n'y avait pas d'argent pour l'école, l'hôpital, les fonctionnaires, les petites pensions de retraite, les smicards, les minimas sociaux en dessous du seuil de pauvreté et les collectivités locales .

Par contre, c'était open bar pour la caste oligarchique et le MEDEF à coups de dizaines de milliards d'euros d'argent public pour l'ANI, le pacte de responsabilité, le CICE. Sans contrôle ni contrepartie, gavez-vous grands patrons et actionnaires! Et, doit-on évoquer les lois de régression sociale Macron et El Khomri, adoptées avec l'article 49-3 alors que la colère sociale grondait ?

Et voilà que depuis dimanche, le PS, les ex socialos macroniens et tous les éditocrates, c'est-à-dire les mêmes qui soutenaient ce qui vient d'être rappelé et qui se moquaient ouvertement des salariés en lutte, des syndicalistes et de l'opposition de gauche s'insurgent contre la décision de Jean-Luc Mélenchon de ne pas donner de consigne de vote...

Je sais gré au leader de la France Insoumise de ne pas obéir à leurs injonctions !

Quant à moi, je ne vois pas l'intérêt de voter pour le plus emblématique ministre de François Hollande, celui-là même qui a nourri le vote FN avec sa politique ultralibérale.

Pourquoi voterai-je pour lui alors qu'il a l'intention de détruire à coups d'ordonnances (et donc sans débat, sans vote) ce qui reste de droits sociaux ?

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Pourquoi ferai-je un vote républicain puisque jusqu'à présent ce vote républicain n'a pas amélioré les conditions de vie (et de travail) des classes populaires et moyennes ? Un petit exemple concret : en 2002, je devais avoir la retraite à 60 ans pour 40 annuités. En 2017, la législation me promet une retraite au mieux à 65 ans. Et si j'opte pour le vote républicain, elle va devenir quoi mon éventuelle retraite sous Macron ou Le Pen ? De la merde à points jusqu'à la fin de mes jours !

Macron est un ennemi au même titre que Le Pen. L'un est un capitaliste mondialiste, l'autre une capitaliste nationaliste. Ils servent la même caste oligarchique. Ce sont les deux faces de la même médaille.

Aussi, je ne choisis pas. Je m'engage pour la France Insoumise qui a évité que le FN ne se retrouve à la première place.

Par ailleurs, si Macron a vraiment besoin de la France Insoumise qu'il prenne de vrais engagements, qu'il amende son programme, qu'il propose un vrai contrat de gouvernement à Mélenchon : la retraite à 60 ans pour 40 annuités, la hausse du SMIC ou des minimas sociaux au-dessus du seuil de pauvreté, c'est impossible Monsieur Macron ?

Concrètement, que propose En marche aux 7 millions de citoyen-ne-s de la France Insoumise ?

Rien !

Il exige un chèque blanc... en agitant l'épouvantail Le Pen.

Je refuse ce chantage, ce mépris et ce cynisme.

J'ai marché une fois (2002), mais pas deux...

Aussi, j'espère que le vainqueur de cette présidentielle sera le moins légitime en raison du faible nombre de voix recueillies, du faible écart avec son adversaire et d'un taux d'abstention énorme. Et que quelques mois plus tard, il devra cohabiter avec la majorité parlementaire de la France Insoumise...

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