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Ces faits sont connus des autorités publiques parce que ces camionnettes, hors d'âge et d'usage en apparence, stationnent au même endroit quelques jours, quelques semaines et même quelques mois sur des emplacements payants. Impossible de savoir quand et pourquoi elles bougent de quelques mètres, disparaissent, puis reviennent.

Cette situation dure depuis des mois. Les résidents dont je suis et qui ne sont pas les plus à plaindre, subissent cette présence parce que même s'ils sont très discrets, cela n'empêche pas les bruits de porte, les repas, les discussions au-delà de 23 heures. Tout cela représente des nuisances, une présence non souhaitée, des bruits supplémentaires non désirés à quelques centimètres des fenêtres.

En termes de sécurité et de tranquillité publiques, cette présence représente un danger potentiel et avéré pour ces pauvres gens et le voisinage. Il y a quelques mois, un dimanche après-midi, un véhicule a brûlé, enflammant plusieurs voitures et dégradant fortement l'immeuble qui a bien failli lui aussi disparaître sous les flammes. Il n'y eut fort heureusement que des dégâts matériels.

Aussi à la lumière de ces faits, il y a lieu de se demander si les pouvoirs publics - et par conséquent les politiciens en place - ne sont pas coupables de non assistance à personnes en danger, d'autant que ces véhicules ne sont pas équipés pour que des personnes dorment et cuisinent à l'intérieur ?

Tous les habitants le savent.

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Je ne pense pas qu'ils incriminent ces familles miséreuses qui sont contraintes de survivre dans des conditions sanitaires déplorables.

Je pense plutôt que mes voisins déplorent l'inaction des pouvoirs publics à la fois pour ces pauvres gens et pour le quartier, et se demandent pourquoi l'une des villes les plus riches dans un des pays les plus riches de la planète n'offre pas aux miséreux un logement qui respecte la dignité humaine et les normes sanitaires ?

Aussi, je me pose quelques questions politiques :

Est-ce que cette inaction et ce laisser-faire ne résultent pas de choix budgétaires austéritaires qui relèguent aux calendes grecques la lutte contre les inégalités sociales, la misère et la sécurité ?

Est-ce que ces faits ne sont pas non plus le produit d'une politique de classe qui protège les quartiers bourgeois et qui frappe les classes populaires ? En l'espèce, ces camionnettes ne seraient pas restées en stationnement plus d'une demie journée dans un quartier huppé ou touristique de la capitale.

Ou alors, ne seraient-ils pas plutôt le fruit d'une politique de la préférence nationale qui abandonne à leur triste sort ces familles en raison de leur nationalité étrangère ?

Ou encore, un mixte des trois, soit le résultat d'une politique austéritaire bourgeoise de classe et de préférence nationale ?

Par conséquent, est-ce que finalement les pouvoirs publics ne mettent-ils pas déjà en pratique la politique antisociale et xénophobe du FN à Paris ?

Bref, j'espère que mes voisins possèdent comme moi une solide culture politique qui les interdit de voter pour le Front national... parce que dans cette histoire, hélas banale, tous les éléments sont réunis pour nourrir les fantasmes de la xénophobie et apporter de l'eau au moulin de l'extrême droite.

En définitive, si on replace cette lamentable histoire dans le présent contexte politique, j'estime que défendre les valeurs républicaines, c'est bien.

Mais au quotidien et sur le terrain.

Pas seulement entre les deux tours d'une élection en jouant aux résistants à coups de déclarations péremptoires dans les médias dominants.

Sinon, le vote républicain et les postures qui l'accompagnent ne sont que pure hypocrisie pour maintenir le statu quo social et politique, ce que démontrent les faits narrés dans ce billet.

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