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La banalisation du travail dominical, c'est la fin d'une conquête sociale comme le rappelle justement Catherine Walgenwitz qui souligne que la prochaine loi ira dans le sens de plus de déréglementation sociale, soit une véritable entreprise de démolition des minces protections des salarié-e-s :

« Cette course aveugle au temps est devenue une variable d’ajustement d’un système capitaliste à bout de souffle qui cherche par tous les moyens à déréguler et à faire imploser les règles communes, sans autres perspectives. »

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Si les desseins de Macron se réalisent tout lieu commercial pourra ouvrir ses portes 7 jour sur 7 et 24 heures sur 24 n'importe où sur le territoire ! Pour l'heure, les conséquences de la banalisation du travail dominical, si elles demeurent anecdotiques quant à la croissance de l'activité et aux créations d'emplois, impactent les vies des salarié-e-s et de leurs proches.

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Dans une interview publiée dans La Croix, Laurent Lesnard, sociologue au CNRS et à Sciences-Po, considère que le travail du dimanche engendre une « perte sèche » de sociabilité :

« À mesure que le travail des femmes s’est généralisé, c’est devenu la principale journée passée en famille et/ou avec des amis, un temps essentiel pour la vie en société. Huit heures travaillées le dimanche, c’est évidemment huit heures de moins pour soi et ses proches. Mais cela va au-delà : si l’on mesure le temps passé avec ses proches – ce que nous appelons la « sociabilité » –, le travail dominical engendre une perte supplémentaire à celui du travail en semaine. »

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Le sociologue ajoute que la sociabilité perdue n'est pas compensée par les repos compensateurs. Il estime que le travail dominical inflige une triple peine à certains salariés :

« les personnes concernées par le travail du dimanche ont la plupart du temps des horaires très atypiques en semaine. C’est le cas, par exemple, des caissières dont la présence au travail est liée à la courbe de fréquentation des commerces. Il ne faut pas oublier que le travail du dimanche se concentre sur les employés du commerce (20 %), en dehors du cas particulier des militaires et des policiers (25 % de travail dominical). Il ne concerne que 6 % des cadres du public et 2 % des cadres du privé. »

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En d'autres termes, le travail dominical concerne les salariés des classes populaires et moyennes, sa banalisation est la marque d'une politique de classe qui frappe non seulement ces travailleurs-là, mais aussi leurs proches, notamment les enfants...

Pas grave penseront certains, ce sont de futurs uber-travailleurs, corvéables et malléables à merci ! N'est-ce pas chers macronistes ?