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La situation est explosive en raison de l'absence de réponse politique. Elle l'est d'autant plus avec l'impunité policière affichée et quasiment revendiquée et une justice partiale qui criminalise à tour de bras manifestants et syndicalistes [1]. A cela, le régime macronien ajoute le mépris social et l'absence totale d'empathie à l'égard des blessés et des familles.

Dans la France de Macron, manifester est devenu un acte héroïque ! Manifester son opposition dans l'espace public, c'est prendre le risque d'être blessé à vie, arrêté arbitrairement ou tué.

Certes, les forces de l'ordre ont le pouvoir légal d'exercer la violence, mais celle-ci doit être fortement délimitée et encadrée pour protéger les libertés des citoyen-ne-s. Tout écart de conduite doit être sanctionné, sinon c'est la porte ouverte à l'arbitraire et à une police qui fait régner un climat de peur. Et dans cette hypothèse, la police n'est plus au service de la population. Elle devient une milice fasciste, livrée à ses propres pulsions et à ses éléments les plus brutaux et fascisants, au service d'un régime qui ne tient que par la violence symbolique, verbale, physique et judiciaire.

La violence symbolique se manifeste par la nomination du préfet de Bordeaux au poste de préfet de police de Paris qui avait félicité ses nervis après l'agression d'un député de l'opposition (France Insoumise)[2], ou la décoration par le ministre de l'intérieur des policiers qui avaient commis des violences gratuites sur des manifestants [3], ou les arrestations arbitraires des journalistes dont les médias ne sont pas inféodés au pouvoir politique ou au pouvoir de l'argent [4].

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La violence verbale caractérise les membres de la macronie, de hauts fonctionnaires comme le préfet de police de Paris qui affirme appartenir à un camp [5] (et le servir avec zèle), d'intellectuels organiques qui glorifient le massacre des communards par Thiers [6] et conseillent à la police de tirer à balles réelles [7]ou de syndicats policiers qui se moquent des mutilés [8] ou listent des journalistes [9].

La violence physique, outre qu'elle mutile à vie ou humilie (lycéens de Mantes la Jolie [10]), a également tué plusieurs personnes. L'impunité policière est telle qu'aucun membre des forces de l'ordre n'a été poursuivi alors que plus de 20 personnes ont été éborgnées et autant, voire plus, ont perdu une main, un pied et subi d'autres mutilations. Cette violence est encouragée par le régime macronien. A tel point que les forces de l'ordre entravent l'enquête sur la mort Zineb Redouane sans que les institutions de la République n'interviennent pour interrompre ce scandale [11] !

La violence judiciaire s'illustre par des condamnations en raison de l'appartenance au mouvement des gilets jaunes ou à syndicat sur des motifs officiels ubuesques à la prison ferme (pour la publication d'une note sur Facebook [12]), à la prison avec sursis (militante handicapée dont le fauteuil roulant serait une arme par destination ! [13]) ou par un simple rappel à la loi. Et comment qualifier l'acte de ce procureur qui avoue avoir sciemment menti [14]?

Aussi, dans la population est né un profond sentiment d'injustice. En présence de forces l'ordre en roue libre qui ne respectent ni la loi (par exemple, absence du numéro d'identification) ni les opposants et au vu de décisions judiciaires baroques, certains sont peut-être tentés de basculer dans l'illégalité pour faire justice eux-mêmes.

Ainsi, la presse rapporte que des policiers et leurs familles ont été menacés de représailles.

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A mon sens, ce serait une erreur. Le régime macronien l'exploiterait pour restreindre les libertés publiques avec de nouvelles lois scélérates et pour lâcher encore plus la bride aux forces de l'ordre.

Bref, le régime macronien a mis tous les ingrédients d'un cocktail explosif sur fond d'augmentation de la pauvreté, d'inégalités sociales croissantes, de services publics à bout de souffle à force d'austérité budgétaire, de cadeaux fiscaux inconsidérés et d'impunité fiscale (environ 100 milliards d'euros d'évasion fiscale par an) aux plus riches et aux entreprises du CAC40.

Alors, que veulent réellement les macroniens derrière leur discours orwellien ?

Imposer à tout prix leurs réformes de régression sociale, quitte à détruire le corps social et à pousser certaines personnes exaspérées à tomber dans le terrorisme ?

Un pouvoir responsable et républicain commencerait par enterrer la réforme des retraites pour apaiser le climat social et politique. Mais, est-ce que Macron est responsable et républicain ? Jusqu'à présent, il démontre le contraire en jouant la carte de la stratégie de la tension.

Beaucoup de castors de gauche qui imaginaient accomplir un acte héroïque en votant pour lui au second tour doivent être perplexes, étonnés ou même déçus. Ils savent désormais que les centristes, c'est-à-dire à dire ceux qui sont ni de droite ni de gauche ou et de droite et de gauche, sont ceux qui sont le moins attachés à la démocratie. [15]

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