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Aujourd'hui, TF1 possède les droits de la coupe de rugby et prie l'ami de Sarkozy, le polyvalent Laporte, entraîneur mais surtout homme d'affaires, futur secrétaire d'Etat, d'emmener le plus loin possible l'équipe de France... Les matchs de préparation furent éloquents avec le tsunami de pub de TF1 et des annonceurs. Le plus fort dans cette histoire est la réaction médiatique en chaîne. Tous les médias supportent l'équipe de France ! Aucune analyse critique, aucun recul pour parler de ce cirque, aucun reportage sur l'évolution du rugby, des clubs, des joueurs... Il y aurait pourtant à dire. Mais rien ! Il règne un climat unanime qui fait franchement peur. A tel point qu'on peut se demander si les autres domaines de la vie, comme la politique ou la culture, au sens large, ne subissent pas également ce traitement ? Inquiétant, non ?

Le sport occupe aujourd'hui une place incontournable dans notre société. A tel point, qu'on va imposer aux jeunes une heure supplémentaire d'éducation physique. Cela aurait pû être à la carte, une heure de littérature, de musique, de poésie, de théâtre, de découverte de la nature, voire de sport... Mais non, ce sera du sport, et exclusivement du sport ! Et oui, le sport c'est moderne, cela apporte de l'huile dans les rouages de l'économie néo-libérale. De plus, mélanger sentiments cocardiers, que l'on pourrait qualifier de primaires, car basés uniquement sur l'affect, et affaires, domaine où la raison spécule froidement selon des règles strictement financières avec un zest d'opportunisme, se révèle très rentable... Mais, on connait depuis longtemps cette recette. La Première guerre mondiale, compétition d'un autre genre où tous les coups tordus étaient permis, a fait la fortune de quelques-uns (demandez au baron Seillière ex patron du Medef) et coûté la vie au plus grand nombre.

Pour en revenir à cette coupe du monde, nous ne serions pas mécontents si l'équipe de France était renvoyée à ses chères études dès le premier tour. Ce serait un échec commercial et sans doute financier pour TF1 et consorts qui préfèrent "communiquer" à coups de millions d'euros plutôt que de payer décemment leurs salariés, et cela nous épargnerait cinq semaines de crétinisme ambiant.