Nous ne remettons en cause le combat admirable des personnes qui se battent au quotidien pour donner à la recherche médicale les soutiens humains et financiers qui lui font défaut. Seulement, les campagnes orchestrées par les médias et le pouvoir politique, avec la complicité des pipoles mettent mal à l'aise. Dans une France riche, dont les PIB et PNB augmentent chaque année, de tels shows sont indécents.

Ces spectacles de charité ,qui font appel à la générosité de tous, prouvent que le gouvernement qui dirige la puissance publique fait mal son boulot. Nous ne reviendrons pas sur le fameux paquet fiscal à 15 ou à 20 milliards d'euros... Mais, comment se fait-il qu'un pays comme la France ne finance pas par l'impôt un certain nombre d'activités pourtant vitales ? Pourquoi la recherche contre la myopathie n'est-elle pas financée par l'Etat ?

Et que dire de ces pipoles qui feront la morale au citoyen anonyme à l'occasion de ces shows pour l'inciter à donner son obole ? Parmi eux, des sans-gêne qui se plaignent régulièrement de payer trop d'impôts ! Nous verrons sans doute des Bigard, Johnny, Delon ou Foly qui ont soutenu le programme néo-libéral de Sarkozy.

A première vue, se plaindre de payer ses impôts, comme le font ces pipoles, et encourager les dons à une association parait contradictoire. Or, la critique systématique de l'impôt est l'arme favorite des néo-libéraux. Elle leur permet de contester le rôle de la puissance publique.

Les néo-libéraux estiment que l'Etat ne doit pas intervenir dans les domaines économiques et sociaux, mais se limiter à ses prérogatives régaliennes. Par conséquent, la solidarité nationale organisée par l'Etat représente un frein pour l'économie et des charges "insoutenables" pour les entreprises.

Les néo-libéraux militent pour que l'initiative privée se substituent à la solidarité nationale, comme aux Etat-Unis. Les inégalités sociales deviennent carrément légitimes puisque les plus riches peuvent financer, en ne payant pas d'impôt sur leurs revenus, des activités philanthropiques, des oeuvres caritatives, ou des fondations sociales.

Dans le système néo-libéral, la charité des dames patronnesses remplace la solidarité nationale. Or, tout le monde connait le dicton : charité bien ordonnée commence par soi-même...