Si les cas de galère sont multiples, de la SDF à la femme vivant d'appartement en appartement d'ami(e)s avant d'échouer en foyer, en passant par celle qui consacre l'essentiel de ses ressources pour conserver son logement, parfois insalubre, ils se caractérisent toujours par l'absence de perspective d'avenir, même à moyen terme.

les Français vivant de minima sociaux sont passés de 6 % de la population en 1980 à 10 % aujourd’hui. La catégorie des bas salaires est passée de 11,4 % en 1983 à 16,2 % en 2002. Entre 1988 et 2002, les revenus des ménages ont augmenté de 30 %, alors que dans le même temps les loyers ont flambé de 80 %. Plus d’un million de personnes vivent dans 400 à 600 000 logements insalubres.

En ces temps de politique néo-libérale et de précarité de masse, les femmes sont les premières victimes de cette société qui n'offre plus de filet de protection. Ce sont elles également qui occupent le plus souvent des emplois mal rémunérés et à temps non complet qui les maintiennent dans la galère. Sans emploi et sous-diplômées, ce sont elles qui quittent l'enfer du foyer conjugal pour fuir les violences du conjoint et qui doivent assumer seules leurs enfants. L'auteur ajoute qu'en ce qui concerne les familles monoparentales :

l’immense majorité est composée de femmes avec leurs enfants, elles vivent pour 24 % d’entre elles avec moins de 600 € par mois. Il en va même jusqu’aux retraitées qui ne sont que 34 % à percevoir une pension complète. Elles sont nombreuses ces femmes qui « auparavant, s’en sortaient “juste, juste’’ et qui, soudain, se retrouvent sans le sou, surprises autant qu’abattues.

L'auteur dénonce :

  • l'indifférence de notre société devant la précarité,
  • les pratiques d'une partie du patronat,
  • l'étrange apathie des syndicats pour défendre ces travailleuses surexploitées,
  • le manque d'intérêt des médias qui ne traitent la précarité que de façon parcellaire, anecdotique, et superficielle, à l'occasion de faits divers ou de manifestations caritatives,
  • et le manque de moyens pour traiter cet important phénomène social.

Femmes en galère : Enquête sur celles qui vivent avec moins de 600 euros par mois montre comment les politiques économiques et familiales actuelles ont contribué à "féminiser" la précarité :

  • l'insuffisance de places dans les crêches et garderies qui contraignent les mères à rester au foyer ou à travailler à temps partiel,
  • la flexibilité accrue du travail,
  • les emplois de services aux compétences non reconnues et mal rémunérés.

Inutile d'ajouter que nous recommandons la lecture de ce livre, qui rappelle parfois la France décrite en son temps par Zola...