Cela l'est d'autant plus que nous partageons l'opinion de Roselyne Bachelot et de Nadine Morano quant aux centres de consommation supervisés...[1]

femmespleen.jpg

L'INSERM (Institut national de la santé et la recherche médicale) préconise cette mesure. Son rapport expertise la situation actuelle, fort complexe, les populations, les milieux sociaux, les types de drogues, puis les types de risques sanitaires liés à la consommation de drogues.

Enfin, l'institut passe au crible les dispositifs de réduction des risques, suivant les modes de contaminations, tel que l'accompagnement médical, sanitaire et social des toxicomanes. [2]

Les propos du chef en second de l'UMP comme ceux de Matignon sont lamentables :

«L'objectif qu'on doit poursuivre, c'est de casser la dépendance à la drogue et pas, d'une certaine façon, d'accompagner la dépendance».

Sur un tel enjeu de santé publique, on pouvait espérer que les Fillon, Bertrand & co feraient preuve d'une certaine hauteur de vue en évitant l'exploitation politicienne la plus basse.

Il est vrai que courir les plateaux de télévision, les réunions du 1er cercle ou les inaugurations des maisons de retraite ne laisse guère de place à la lecture du rapport de l'INSERM et à la réflexion, non ?

Ces tristes sires assimilent donc l'accompagnement médical, sanitaire et social des toxicomanes à de l'encouragement à la consommation de drogues ![3]

Une position politicienne et populiste qui rejoint celle d'un groupe de parlementaires de droite extrême de l'UMP dont la proximité idéologique avec le FN est troublante : La droite populaire [4]

14 d'entre eux ont d'ailleurs signé une déclaration commune. Attention, c'est du lourd :

«Comment peut-on parler de « salles de consommation à moindre risque » quand on connait les ravages provoqués par les drogues? Comme si le fait de se droguer dans un local aseptisé rendait la drogue plus douce et moins dangereuse ! »

Ou encore :

«On ne peut pas parler de la liberté de se droguer ni du droit à la drogue, car nul n'a le droit de se détruire, ou d'attenter à sa propre dignité ! (...) L'usage des drogues se banalise à cause des discours permissifs qui tentent d'en minimiser les dangers. Réglementer l'usage de drogue pour mieux la combattre est une utopie lourde de conséquences. (...) Au lieu de céder à certains groupes de pression...»[5]

Le tout est à l'avenant...

Un indigeste mélange de grossières insinuations et de douteux amalgames, comme si l'INSERM et ceux qui préconisent l'accompagnement étaient "permissifs" et pourquoi pas les représentants des dealers...!

Refuser de tels lieux d'accueil revient à revendiquer le statu quo ou tout au moins, à nier une partie de la réalité, en l'occurrence les risques liés à la consommation de drogues ! In fine, à ne pas remettre en cause la politique actuelle...

Or, la situation n'est pas brillante puisque la politique répressive est insuffisante ou inappropriée pour lutter contre la dépendance et les risques "annexes". Le tout répressif contraint les toxicomanes à la clandestinité et à la marginalité dans des conditions sanitaires déplorables, lesquelles favorisent la propagation des risques infectueux, tels que le Sida ou l'Hépatite C.

Là encore, sur cette question de santé publique, mais aussi de sécurité, la sarkozie a choisi l'option populiste et démagogique du discours sécuritaire...

Notes

[1] Le Figaro : Drogue : Bachelot réfléchit à des «salles de shooting»

[2] INSERM : Réduction des risques chez les usagers de drogues

[3] Le Figaro : Matignon dit non aux salles de consommation de drogue

[4] Les coulisses de Sarkofrance : Les trouillards de la droite populaire

[5] 14 députés disent NON aux salles de shoot!