Depuis notre retour, après quelques lectures, nous viennent quelques impressions sur la victoire annoncée et confirmée de François Hollande et la défaite de Martine Aubry.

Les performances de Arnaud Montebourg et de Ségolène Royal sont forts étonnantes.

Celui qui défendait des idées résolument modernes de transformation sociale et institutionnelle a réalisé un score assez faible, quoi qu'en dise ses militants et les médias dominants.

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L'effondrement de la dernière candidate socialiste à la présidentielle relève quasiment de l'irrationnel si on fait abstraction d'une part de la sphère médiatique, autant dire de l'oligarchie, qui l'a ostracisé et ridiculisé depuis 2007, et d'autre part, du traitement particulièrement favorable dont a bénéficié l'ancien premier secrétaire du PS depuis le début de cette année. Hollande a profité d'une complaisance médiatique dont avait bénéficié Royal en 2006...

Les scores cumulés de Montebourg et de Royal révèlent que moins d'un quart de l'électorat le plus fidèle du parti socialiste ne considère pas qu'il y a urgence à fonder une Vième République pour démocratiser les institutions et à "démondialiser" pour stopper la régression sociale !

Sociologiquement, le socle électoral du PS est constitué essentiellement de citoyen-ne-s issus des CSP + et d'une partie de la classe moyenne qui échappe encore aux conséquences les plus brutales du capitalisme néo-libéral. Le portrait-type du sympathisant socialiste est celui d'un citoyen relativement conservateur, n'aspirant pas à de profonds changements, mais à des modifications à la marge pour améliorer le système...

Le ralliement des susnommés et celui de Manuel Valls, le candidat social-libéral le plus décomplexé, pourraient surprendre, mais Hollande était l'homme des synthèses quand il dirigeait le PS. Une qualité indéniable qui eut pour principales conséquences l'absence de débats pour trancher certaines questions et la soumission à l'idéologie dominante.

En définitive, ces primaires constituent une sorte de camouflet pour l'appareil socialiste puisqu'elles réhabilitent l'ancien premier secrétaire déchu, honni et détesté du congrès de Reims... De 2008 à 2011, qu'a fait le PS, hormis désigner son candidat ?

La langue de bois du porte-parole Hamon, les petits renoncements au néo-libéralisme et le dirigisme de Aubry ont favorisé l'immobilisme et le conservatisme.

Pour conclure, quelques mots sur la blogosphère . On espérait que la socialosphère ferait preuve de liberté, dégagée des enjeux de la course aux places et d'un esprit partisan, voire militant puisque beaucoup de blogueurs se gaussent de ne pas être militants, soi-disant, pour garder leur indépendance.

Déception ! Les plus critiques et pertinents des royalistes et des montebourgeois, a priori les moins sectaires, font preuve d'un enthousiasme pour François Hollande qui fait vraiment plaisir. Les plus émouvants sont ces brebis égarées depuis Reims qui retrouvent enfin le confort ronronnant de la vieille maison.

Enfin, il serait injuste de ne pas mentionner les autres, parmi les plus sectaires, qui -au nom d'on ne sait quelle loi, forcément démocratique, considèrent que le débat public à gauche est clôt. On reviendra prochainement sur cette question...